Les belles histoires en « ACTE 1 » de Charlie Boisseau !

Il a pris son temps, plus de temps que prévu même probablement, mais cette fois Charlie Boisseau peut laisser s’échapper les treize titres d’ « Acte 1 ». Un premier album qu’il a enregistré avec passion, soucieux du moindre détail. En veillant à l’harmonie générale, il cherchait aussi à ne surtout pas se perdre de vue pour livrer un disque qui lui ressemble pleinement. Objectif largement réussi.

Alors que chaque dernière de comédie musicale laisse sur le sable des dizaines de chanteurs portés par l’espoir de livrer « leurs » compositions, certains se laissent tenter par les sirènes de labels qui, au final, ne leur donneront aucune carte blanche mais leur feront poser leurs voix sur des partitions écrites par les compositeurs maison… pour des paroles qui ne leur ressemblent en rien. Louis Delort (finaliste de The Voice, « 1789, les Amants de la Bastille ») a ainsi repris sa liberté et refusé de poursuivre avec un second album dans lequel il aurait  encore l’impression de se trahir. Le jeune homme a préféré s’éloigner et c’est sur la base d’un crowdfunding largement réussi qu’il peaufine actuellement ses prochains titres.

David Ban, auteur-compositeur-interprète vu, pour les plus récents, dans « 1789, les Amants de la Bastille », Flashdance » et « Les Trois Mousquetaires » a pris son temps, bénéficié d’un crowdfunding au succès spectaculaire puis veillé sur chaque étape comme un artisan entrepreneur pour sortir au début de l’été un disque magnifique, « L’ Alpagueur » qui n’obéit à aucune concession. Florent Mothe (« Mozart, l’Opéra Rock ») avait lui aussi souvent expliqué ne pas vraiment se reconnaître pleinement dans son premier opus. « Danser sous la pluie », sorti en 2016, n’a sans doute pas encore trouvé sa vraie destinée mais l’album porte de très beaux textes, c’est musicalement réussi et la réalisation est aussi moderne que léchée.

Dans ces torrents d’incertitudes qui charrient plus de désillusions que de succès, où le talent seul ne sert quasiment à rien, Charlie Boisseau a donc eu de la chance. Et c’est sans doute ce facteur là qui lui permet de faire la différence et livrer ce 6 octobre un premier album à son image, dans lequel rien n’a été décomposé pour copier-coller ce qui tourne en boucle dans les radios. Rien n’a été imposé, ni paroles ni musiques. Et cette opportunité là, exceptionnelle, c’est à sa rencontre avec Jeff Barnel qu’il la doit. Le compositeur de tant de succès (« Salma ya salama », « Mourir sur scène » pour Dalida, « Le géant de papier » pour Jean-Jacques Lafon, « Salut à toi l’artiste », pour Nicole Rieu lors de son passage au concours de l’ Eurovision 1975… Excusez du peu! et puis tant d’autres titres pour Ginette Reno, la grande star québecoise, Demis Roussos, Claude François, Marie Laforêt, Herbert Léonard…) l’a découvert tout bêtement en regardant la troisième saison de « The Voice » en 2014. Et il a  immédiatement cru dans le talent de ce jeune candidat encore un peu gauche, aidé de sa seule guitare mais laissant déjà voir tout son potentiel artistique grâce à une voix incomparable.

Trois ans de complicité et un passage de Charlie sous la cotte de maille de Lancelot pour la « La Légende du Roi Arthur » plus tard, la patience et le travail ont payé, le respect et l’amour réciproques de ces deux là ne se sont jamais démentis, bien au contraire. Ils pourraient être père et fils mais à les observer vivre, on dirait plutôt deux frères, deux amis qui se chicaneraient sans arrêt, le plus jeune sachant parfaitement ce qui fait réagir son aîné, lequel veille tel un Gemini Cricket sur le parcours artistique de son cadet aux allures de chien fou.

Ce soir de fin septembre au Réservoir, le club néo baroque de Paris, il le sollicite Charlie Boisseau son producteur-mentor. Stressé par ce show case qui livrera une huitaine de titres sur les treize que compte l’album, il veut que tout soit impeccable et s’inquiète du moindre détail.  Pas de quoi déstabiliser Jeff Barnel qui a trop vécu pour mettre à mal sa force tranquille. Même si son propre calme n’est qu’apparence, il tient le cap en souriant. Il sait que son protégé embarquera la salle.

Une heure plus tard effectivement, Charlie Boisseau et ses quatre musiciens ont été longuement ovationnés. Si certains titres forts comme « Perdue » (magnifiquement poignant, en toute subjectivité assumée) n’ont pas été de la partie, « La vie en deux », la bouleversante « Naufragé », «Aime moi moins fort» qui sous ses airs dansants permet de belles envolées vocales et bien sûr, «J’en ai des tas», le premier extrait largement plébiscité, ont reçu une ovation légitime. Mention spéciale également au deuxième single «Pourquoi tu t’en vas» (qui a même été rejoué dans une magnifique version piano-voix), qui marche déjà très fort.

Au milieu de ses musiciens, seul au piano ou avec  sa guitare, Charlie Boisseau aime la scène et cela se voit. Il a gagné en maturité pendant la réalisation de son album, affirmé sa voix. Les mois de comédie musicale lui ont donné une autre aisance et il n’hésite pas à bouger davantage (ce n’est pas encore suffisant pour « Danse avec les Stars » mais en bossant encore un peu le jeu de jambes, ça peut se tenter). Souriant. Toujours. Un peu rassuré peut être aussi par ces échos largement positifs.

« C’est vrai que la date de sortie initiale a été repoussée, pour des raisons multiples, des choix de réalisation, des hésitations sur le nombre de titres. Mais avec le recul, je pense que ce parcours a été nécessaire et a permis cet « Acte 1 » dont je suis très fier et très heureux, » commente Charlie Boisseau au lendemain de son concert. « Les show cases que nous avons faits cet été, ce concert hier soir qui était en quelque sorte ma première date parisienne, ont permis de voir les réactions des spectateurs, les morceaux sur lesquels les gens semblent le plus accrocher. C’est toujours très émouvant de voir un public reprendre tes chansons. Tous les chanteurs font ce métier pour connaître ça. J’ai hâte désormais que l’album sorte. Et que la tournée se mette en place. »

« C’ est vrai que j’ai eu de la chance. Jeff (Barnel) m’a appris énormément. Il me fait confiance dans mes choix, il se passionne et quand je suis au piano, que je fredonne en yaourt, je le voix parfois surgir de la pièce voisine et dire « enregistre, enregistre! » Cet enthousiasme est tellement positif, un appui incroyable. Lorsqu’il est sceptique, je peux hésiter mais je me range souvent de son avis car son expérience et ses qualités de musicien sont incontestables. Comme j’écris énormément, parfois trois chansons par jour, savoir faire le tri entre ce qui mérite d’être conservé ou pas, n’est pas toujours simple. Mais Jeff est là qui veille! » lance le jeune homme en riant.

Il écrit, il compose et… il chante Charlie Boisseau. Lorsqu’il évoque ceux qui l’inspirent, ce qu’il écoute dans son ipod ou à la radio, il traduit en chantant. Que ce soit Slimane, Big Flo et Oli, Ben Mazué, Aliose ou Julia Michaels, il fredonne leurs refrains. Spontanément. Puis conclut par un «j’adore!» enthousiaste.

Plus que quelques heures et les trois coups d’ « Acte 1 » résonneront. Les treize titres jouent la diversité des émotions comme des rythmes et composent un album équilibré, plein de toute la personnalité de son auteur. « Jonathan » qui aborde le thème de la transplantation cardiaque,  «Naufragé», superbe et ô combien d’actualité sur la question des migrants, « Perdue », entendue avant l’album dans une version piano-voix mais trouvant ici un autre magnifique habillage à la guitare, il est bien difficile de dire ceux qui visent le plus fort. Si chacun aura ses préférences en fonction de ses sensibilités (comment ne pas citer « A contre amour »?), il en est une qui devrait mettre tout le monde d’accord et signe le tube en devenir, c’est « Rien ». Et ce rien là est énorme. Lever de rideau le 6 Octobre, « Acte 1 » sera alors dans les bacs, avec une surprise à la clé: l’annonce d’un concert à l’Alhambra (Paris) le 28 mars prochain.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– Pour réserver vos places pour le concert à l’Alhambra, Paris: http://www.alhambra-paris.com/charlie-boisseau – 

Une réflexion au sujet de « Les belles histoires en « ACTE 1 » de Charlie Boisseau ! »

  1. Très bel article amplement mérité car le talent de ce jeune garçon est incroyable. Il a la voix, le physique, très bon musicien. Il a tout pour reconquérir un public français qui demande ce genre de chansons. Il a un respect du public dans sa tenue de scène qui a disparu depuis quelques années. Brava à lui et à son producteur talentueux Jeff Barnel.

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