FACE ET SI 2017: Patrick Bruel fait chanter sous la pluie !

Forcément complet ! Comment la soirée d’ ouverture du 20ème Face et Si aurait-elle pu ne pas se jouer à guichets fermés alors qu’elle est l’une des huit seules dates inscrites sur son agenda « concerts » cette année ?  Patrick Bruel se fait rare donc le moment n’était pas dérogeable : après l’avoir attendu des heures sous une pluie battante, six mille inconditionnels ont donné de la voix. 

On pourra toujours ironiser sur la Bruelmania, revenir sur ces moments d’hystérie qui secouaient les salles lorsque Patrick Bruel a sorti « Alors regarde » en 1989, cet album dont les titres font désormais partie des plus grands succès de la chanson française, on pourra tenter de faire croire que le poker a la main sur son agenda, rien n’empêchera jamais ces armées de fidèles d’être toujours là et de l’accompagner à chacun de ses concerts. Son entreprise de séduction ne connaît pas la crise. Les refrains plaisent toujours autant et désormais, ils contaminent même une nouvelle génération, prête à gonfler les rangs.

A Mouilleron-le-Captif (Vendée), où l’on célèbre la vingtième édition du Festival Face et Si, certains (dire « certaines » serait plus juste) attendaient dès six heures du matin devant les portes, soit plus de dix heures avant l’ horaire prévu. Mais un premier rang se mérite sans doute à ce prix. Assister à l’ un des rares concerts de Patrick Bruel est une occasion trop rare pour être manquée, la vivre sous les yeux de l’artiste, le Graal de tout fan qui se respecte. Des femmes qui ont l’âge de leur idole, quelques hommes et des jeunes filles qui trompent l’ennui à coups d’anecdotes.

Certaines l’ ont découvert dans « Les Enfoirés », d’autres dans « Le Prénom », cette pièce à succès devenue un triomphe sur grand écran. Un ado confirme à sa grand-mère « qu’ il n’est vraiment pas moche Patrick Bruel et il a une vraie voix », d’ailleurs elle l’a vu plusieurs fois aux Enfoirés reprendre des airs lyriques. Plus loin, on suppute sur la set list et chacune y va de ses morceaux escomptés.

Quand il entre sur scène à 22 heures, des rangs colorés de capuches s’échappent une clameur qui a du raisonner bien au delà du Parc de Beaupuy. L’enthousiasme se mêle à l’émotion et libère les impatiences nourries durant ces longues heures d’absence.

Patrick Bruel a l’élégance aussi cool (veste sombre sur jean noir, chemise blanche sous petit gilet) que son regard sur la météo est stressé. Arrivé par avion une heure plus tôt, il ne cachait pas son inquiétude face à cette pluie battante qui pouvait contraindre à une annulation de dernière minute. La pire des situations! Mais l’équipe technique du festival est composée de professionnels suffisamment aguerris pour ne pas se laisser prendre par cette météo méchamment facétieuse. Ils ont immédiatement trouvé des parades, créé des abris pour les consoles et annulé les uns après les autres tous les risques possibles. Ne restait plus qu’à miser sur la détermination du public. Impers mais ça passe… C’est une foule immense qui acclame et se dressera devant Patrick Bruel jusqu’aux confins de minuit.

Comme dans le meilleur des best-off, les titres les plus connus s’enchainent sans temps morts. Patrick Bruel s’installe au piano ou reprend un refrain en s’accompagnant à la guitare. Il n’oublie pas non plus son sens politique, ses engagements pour des combats qui lui tiennent à choeur. Il rend hommage à Simone Veil, aux victimes des attentats partout dans le monde entre deux incontournables.

« Places des Grands hommes », « Alors regarde », « J’ te l’dis quand même », « Pour la vie »… les morceaux n’ont pas pris une ride et la chorale vendéenne les connaît par coeur. A plusieurs reprises, Patrick Bruel remerciera, visiblement touché par cette fidélité et cette impassibilité aux éléments extérieurs.

L’artiste aux quinze millions d’albums vendus, aux cinquante films, aurait pu prolonger des heures encore… Mais les meilleurs moments ont une fin et celui des au-revoir n’est pas toujours le plus facile. Il reviendra sur scène, c’est sûr. Il explique de temps à autre avoir de quoi nourrir son prochain album, un disque que seul son degré d’exigence repousse encore. Alors rendez-vous, oui. Avant dix ans, c’est lui qui l’a dit.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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