ALAN CORBEL ET ROBIN FOSTER ENCHANTENT LE FERRAILLEUR

Très beau plateau que celui mis en place au Ferrailleur (Nantes) ce 1er avril. Deux musiciens inspirés par un même coin de Bretagne, deux lumineux orfèvres de la six cordes. Alan Corbel a envoûté le public à coups de refrains mélancoliques. Robin Foster a mélangé à ses toutes nouvelles partitions les titres plus anciens que le public espérait. Un dosage subtil et raffiné.

Ouvrant la soirée, Alan Corbel prouve d’emblée qu’il en a fini avec les zest de timidité qui freinaient son plaisir sur scène. Concentré mais souriant, il est bien plus ouvert qu’en des temps pas si reculés où il regardait peu le public, tout à ses textes et sa guitare. Ce temps là est bel et bien révolu. Le fruit de l’expérience sans doute, le passage l’an dernier par les immenses plaines des Vieilles Charrues peut-être aussi.

Cinq ans après « Dead Men Chronicles », son premier album (réalisé par Bertrand Belin, produit par Capture, le label fondé par Manu Katché), folk et lyrique, Alan Corbel vient de sortir « Like a Ghost again » (avec Albin de la Simone aux claviers et Jean-Baptiste Brunhes aux commandes, il y a pire références), un nouvel opus franchement plus rock, une énergie nouvelle qui rompt avec le passé et donne encore plus de punch à ses textes. Cette énergie s’impose sitôt les premiers accords. Complicité avec les musiciens, riffs qui envoient sur des partitions qui savent se déchainer, il n’en faut pas davantage pour que le public soit emporté. Une heure et une set list magnifiquement pensée plus tard, le breton quittera la scène alors que les spectateurs auraient bien prolongé encore.

Depuis vingt ans, cet illustre sujet de sa Majesté a choisi de se replier en Bretagne, dans ce Finistère qu’il vit comme une source d’inspiration « no limit »… Ce qui ne l’empêche pas de s’associer à pleins d’autres projets Outre-Manche, un éventail artistique qui lui permet de ne pas rétrécir l’horizon.

Multi-instrimentiste, Robin Foster goûte trop peu les charmes de l’écriture pour ne pas leur préférer ceux des partitions. Un choix judicieux si l’on en juge par les salves enthousiastes qui saluent chacun de ses morceaux livrés sur scène. « Empoyrean », son quatrième album studio, fraîchement sorti, a déjà conquis les fans de la première heure. S’écoutant comme on regarderait un album photos, le musicien dépeint avec force maestria dans les jeux de réverb’ et les synthés bien dosés, ces couleurs musicales qui sont les siennes. Souriant, jouant même avec les spectateurs la complicité des vieux amants qui se recroisent avec plaisir, il régale lui aussi avec un menu mixant airs reconnaissables entre tous et saveurs nouvelles. Une bien belle soirée décidément.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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