En concert à l’Elysée Montmartre: Band of Horses, lumineux et envoûtant

Quatre ans qu’ils n’avaient pas reposé les amplis dans la capitale. A part une (très belle) prestation lors du dernier Main Square Festival d’ Arras, la bande de Ben Bridwell n’était plus repassé par la France. C’est dire si le concert de Band Of Horses à l’Elysée Montmartre (Paris), ce 27 février était attendu. 

Des branchages au dessus des eaux sombres du Bayou. L’immense fond de scène plantait le décor et donnait le La au road trip à venir. Un voyage à travers cette partie de l’Amérique, une traversée qui embarquerait également côté émotions. Ovationné lors de son arrivée sur scène, Ben Bridwell se pose devant sa pedal steel. S’échappent alors les premiers accords de « Monsters ». Démarrage tout en douceur devant un public composé pour l’essentiel de fidèles de la première heure, ceux qui avaient découvert le groupe voilà plus de douze ans, avant même le bouquet de nominations aux Grammy Awards en 2006 avec « Everything All The Time », premier album devenu légendaire.

Un détour par « The first song » et Ben Bridwell se lève déjà pour rejoindre Ryan Monroe et Tyler Ramsey sur le devant de la scène. « NW apt » puis « Casual Party ». Les cinq musiciens enchainent les morceaux avec un plaisir manifeste et une complicité totale. La set list savamment composée de titres de leur dernier album en date, « Why are you OK », sorti au début de l’été 2016 et de refrains plus anciens mixe les émotions. Après « Country Teen » et « Throw My Mess », aux accents country, Ben Bridwell laisse le chant à ses acolytes et se met légèrement en retrait pour les accompagner à l’ harmonica.

« Laredo », « Solemn Oath » laissent ensuite place aux bouleversantes « Older » et « Factory », deux des titres phares de « Infinite Arms », sorti voilà déjà sept ans. Difficile de ne pas se laisser prendre. C’est pourtant quand Band Of Horses passe à une enfilade des succès qui ont assis sa renommée que le public, incontestablement fan mais relativement discret, sortira de sa réserve. « The great Salt Lake », « Cigarettes, wedding Bands » prouvent leur efficacité dix ans après leur création. De quoi enchaîner sur cette même tonalité avec « Is There a Ghost ».

Si l’énergie est belle et la musicalité parfaite, c’est malgré tout en venant se réfugier dans les recoins émotionnels que le groupe de Seattle est le plus fort. Les premières cordes de « No One’s gonna love you » volent au dessus de l’assemblée et font naître des larmes. Qui pourrait résister au timbre de Ben Bridwell sur ces accords magnifiques? Mais la soirée n’aurait pas été complète sans « The Funeral », le titre culte des américains. D’autres auraient fini par le trouver trop lourd, emprisonnant presque le reste de leur production. Band Of Horses en a fait un hymne, porte drapeau d’une formation dont la rareté n’a d’égale que la très grande identité. Une heure et demi et vingt et un titres plus tard, la preuve était donnée que les absents avaient vraiment eu tort. La prochaine escale française de ces cinq là risque de se faire désirer. Celle là restera longtemps dans les mémoires.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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