Florent Mothe, enfin le deuxième album!

Quelques jours avant de raccrocher la couronne d’Arthur, Florent Mothe avait sorti un premier extrait de son nouvel album. Un opus revendiqué comme plus personnel, plus rock et plus électro. Le temps de créer la surprise et déjà il filait briller sur le dance-floor de « Danse avec les Stars ». Entre un contemporain et une rumba, il vient tout juste de fêter la sortie du très attendu « Danser sous la pluie ». Retour sur un parcours cadencé.

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C’était il y a neuf mois, à Brest. Un café, une cigarette électronique pour prendre la suite immédiate de la vraie blonde dont les volutes flottent encore à l’extérieur… Assis dans cette loge qui n’est pas la sienne mais offre l’avantage d’être la première ouverte dans ces dédales de coulisses, Florent Mothe affichait à peine les stigmates des fatigues laissées par le premier spectacle de la journée. Si le regard trahissait pourtant l’impact de ce show particulièrement physique, la disponibilité et le sourire restaient intactes.

Tête d’affiche de la comédie musicale « La Légende du Roi Arthur », le chanteur tenait la scène près de deux heures trente. Un rôle athlétique qui avait nécessité des semaines d’entraînement digne d’un sportif de haut niveau avec au final, au delà de cette silhouette affûtée, un maniement de l’épée impressionnant et une voix qui jamais ne faillit. « C’est vrai que c’est assez physique, je suis en scène presque tout le temps et il y a beaucoup de chansons. Mais bizarrement, après trois jours à ce rythme, le show dans lequel je me sens le plus en forme est souvent le dernier. La voix est un muscle qui aime être chauffé dit on, je le constate à chaque escale de la tournée», soulignait il à l’occasion de cette étape bretonne de la tournée.

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Après avoir largement contribué à la réussite de « Mozart, l’opéra rock » en 2009, l’un des plus grands succès en matière de comédies musicales, Florent Mothe n’envisageait pas de signer pour un nouveau spectacle du genre. Mais il est difficile de résister à Dove Attia et son enthousiasme contagieux. « C’est un tel honneur d’avoir été choisi que je ne peux qu’en être reconnaissant.  Mais  désormais, après cinq-cents représentations tous spectacles confondus, je pense que c’est suffisant car le public va en avoir assez de me voir, non ? » La question formulée en ce jour de dernière, en juin à Lille, est sincère. Chez lui, le doute n’est pas une posture.

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C’était déjà pour se jauger qu’avec une certaine audace, après avoir tourné plusieurs années avec son premier groupe, Florent Mothe avait mis le cap sur Toronto avec un bref crochet par New York. Il a commencé la musique à sept ans par le saxophone, il maîtrise désormais le piano, la basse et la guitare… Suffisant pour partir! Sans attache. Sans contrat. Sa vingtaine d’années et son envie inaltérable de vivre de la musique, de composer et de chanter pour tout bagage… Ce road trip dans les bars nord-américains forgera sa capacité à aller chercher l’auditoire. La voix est parfaitement en place comme le montrent les vidéos qu’il poste sur internet. Bruno Berbérès, qui assure le casting de « Mozart », les repère. Dove Attia et Albert Cohen lui demandent de venir passer les auditions. On connaît la suite : « L’assasymphonie », « Victime de ma victoire » ou « Vivre à en crever », en duo avec Mikelangelo Loconte sont encore dans les mémoires. Comme sa reprise d’ « On ira », en duo avec Judith, l’une des plus jolies reprises de  l’album « Génération Goldman ». L’album se glissera rapidement en tête des ventes. Des lauriers qui font plaisir. Comme le NRJ Music Award de la révélation francophone de l’année en 2010. « Ces récompenses touchent forcément mais passés les instants de joie, elles n’ouvrent pas davantage la voie. Et tout, ou presque, reste à faire… »  dsc_7770

C’est par goût du défi et avec un talent certain pour les surprises, que Florent Mothe s’est alors retrouvé au casting de « Danse avec les stars », septième saison. Autant avouer qu’on n’y croyait qu’à moitié. Certains y voyaient même une présence motivée par un objectif mal dissimulé de s’ offrir une belle promo avant la sortie de l’album, deux petits tours de piste et puis s’en va… C’était mal connaître ce bosseur invétéré qui ne fait jamais les choses à moitié. Avec Candice Pascal, il a appris le déhanché, le regard, la justesse dans l’attitude et de semaine en semaine, il a bluffé les juges avec notamment ce contemporain magnifique sur la musique de « Lili » d’ Aaron. De quoi faire taire les plus dubitatifs et finalement, presque un paradoxe, lui permettre assez peu d’amplitude pour promouvoir son disque, les journées étant déjà surchargées entre les primes à assurer et ce premier concert à l’Européen. Le temps viendra.

« Avec « Danser sous la pluie » j’ai envie que les chansons touchent, interpellent, que les thèmes abordés résonnent autant pour la personne qui écoute que pour moi. C’est un truc étrange la composition d’une chanson. Certaines viennent facilement. D’autres ont plus de mal à être lâchées. Il faut se poser les bonnes questions mais ne pas trop se laisser envahir non plus… Je n’avais pas envie de décevoir, c’est sans doute pour ça qu’il a fallu tout ce temps depuis la sortie de « Rock in Chair ».

Malgré une belle équipe autour de lui, des textes signés Dove Attia, Michel Jourdan (auteur d’énormes tubes pour Marie Laforêt, Bobby Solo ou encore Mike Brant), Lionel Florence ou Vincent Baguian, malgré des compositions efficaces, malgré la présence sur l’album de l’extraordinaire reprise de « Bohemian Rhapsody » immortalisée par Freddy Mercury, le succès n’avait pas été celui escompté. Une déception légitime qui n’empêche pas Florent Mothe de rester fier de ce premier opus mais a renforcé sa détermination pour le second.

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Il y a sans doute plus d’audace dans ce nouvel album. « J’ai composé des chansons plus introspectives, plus personnelles, en abordant des sujets actuels dont l’amour n’est pas exclu sans pour autant être le sujet majeur. » Illustration par l’exemple avec ce premier extrait révélé en mai. « Quoi de neuf? » interroge le titre co-écrit avec Dove Attia et Silvio Lisbonne (auteur de nombreux succès pour Jenifer ou Tal, le duo étant aussi à l’origine de « la Légende du Roi Arthur ») sur une entrainante partition électro-pop. « Je veux juste planer avant de faner, que mes démons se réveillent et se mettent à danser. En musique, tout paraît plus beau, j’veux que tout le monde se réveille et se mette à danser. » Un message clair, un titre qui a donné envie de chanter et de danser tout l’été.

« J’ai eu la chance de livrer un disque qui me ressemble. Sans pression mais plutôt avec une belle excitation…  celle de sortir l’album dont j’avais vraiment envie! » Pour l’accompagner dans cette aventure, il a aussi pu bénéficier de la présence de belles pointures : en plus de Dove Attia et Silvio Lisbonne, il y a Renaud Rebillaud,(ingénieur du son, producteur, qui a travaillé avec Kendji,  Sexion d’Assaut, entre autres) et L.I.M., le rappeur dont les disques ont été maintes fois disques d’or. Musicalement beaucoup plus abouti que le disque précédent, « Danser sous la pluie » impose facilement son énergie communicative tout en ne volant rien aux paroles. Impossible de ne pas se laisser prendre par l’émotion de « J’attends encore », « Le Monde », ou « Te ressembler ». Ou de résister à « Sur mon nuage » et « Danser sous la pluie ».

Pour un artiste qui semble souvent en attente de l’approbation, d’un regard de soutien, Florent Mothe ose livrer ses interrogations, son regard sur la vie, le temps qui passe. Il enlève le masque, les rythmes actuels étant la dernière pudeur posée sur de très beaux moments empreints de gravité. « Qu’est ce qu’un homme ? » Un peu de tout cela sans doute.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

– Un immense remerciement à Florent Mothe pour le temps passé, ces impromptus entre Brest, Nantes et Lille, ce shooting exclusif organisé en juin dernier à Paris. – 

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 DANSER SOUS LA PLUIE: UNE PREMIERE A GUICHETS FERMES 

Il aurait pu se contenter d’une release party joyeuse mais traditionnelle pour célébrer la sortie de son nouvel album deux jours plus tard. En éternel perfectionniste, Florent Mothe a préféré les plaisirs d’un vrai concert, mariant l’intégrale de « Danser sous la pluie » aux titres plus anciens qui ont sillonné sa vie, comme la bande originale d’une vie d’artiste déjà bien remplie.

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Alors que l’ Européen compte trois-cent cinquante places assises d’où la visibilité est parfaite, certaines fans n’avaient pas hésité à squatter les environs plus de quatre avant l’ouverture des portes. Inutile de dire leur impatience une fois sur place pour ce premier concert à guichets fermés où devaient être joués en avant première les titres du second album de Florent Mothe.

A vingt heures précises, il a déboulé sur scène parmi un tonnerre d’applaudissements, la basse en bandoulière, accompagné de deux complices, Brice Mirrione, aux claviers et Mao Blanc, à la guitare, (deux belles pointures actuellement sur la scène du Palace avec la troupe du « Rouge et le Noir »). Lumineux et visiblement heureux de retrouver le public avec ses propres créations. «Quoi de neuf», le premier single qui a fait danser tout l’été, a ouvert le bal, repris par la salle entière. « Se serrer la main », « Sur mon nuage » enchainent sans temps mort.

« Si vous êtes ici, c’est que d’une manière ou d’une autre, on compte l’un pour l’autre… Alors, avant tout, merci,» lance Florent Mothe dans un immense sourire. Des paroles qui font mouche et provoquent une bruyante approbation. La très entraînante « J’attends encore », magnifique titre aux paroles façon upercut, laisse tout le monde KO avant une très belle séquence pleine d’émotion, la dédicace spéciale à son père, présent ce soir là, de « Te ressembler ». Un hommage qui ne peut laisser insensible.

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Parfaitement pensée, la set list joue les contrastes. Au milieu de ce concert survitaminé mais presque intimiste, une date qui restera dans les mémoires, Florent Mothe troque alors la basse pour la guitare acoustique. Seul en scène, il repeint ses années nord américaines (la reprise de «Lilac Wine» de Jeff Buckley est un pur moment de grâce), ses débuts, ses premières compositions (qui permettent de constater que tout était déjà en place), son premier album (« je devais être triste, ce n’est pas très gai tout çà »), une boutade, presqu’une excuse. Triste, peut-être, pas très gai, sans doute mais suffisamment fort pour être resté dans les mémoires. « Les blessures qui ne se voient pas » ou bien encore « Je ne sais pas parler d’amour » décochent des salves passionnéees. Quelques extraits encore, dont « L’assasymphonie », de « Mozart l’Opéra Rock », « Quelque chose de magique », incontournable succès de la toute récente « Légende du Roi Arthur » et les musiciens reviennent pour finir la présentation des autres titres de ce disque taillé pour la scène, à l’image de « Les oiseaux nous observent » ou bien sûr « Danser sous la pluie », qui en seront les tubes probables.

Fidèle à ses habitudes, Florent Mothe boucle la soirée avec « Bohemian Rhapsody » de Queen. La tradition est belle et la reprise impressionnante. Le 23 mars prochain, la Cigale et son millier de places succéderont à l’ Européen. Trois fois plus de monde donc. Trois fois plus d’énergie… cela parait impossible vu la soirée de folie qui a été livrée ce soir là. Trois fois plus d’émotion… Il faudra jouer sacrément fort car ce 30 Novembre avait les charmes incomparables des premières fois, les plaisirs de la découverte.« Danser sous la pluie » est un album réussi qui devrait le qualifier pour très longtemps encore…

Magali MICHEL

Crédit photos // Sophie BRANDET.

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