Julien Lamassonne double ses talents

La liste est longue de ses envies, de ses champs (chants!) du possible. Auteur, compositeur, arrangeur, interprète, et pour ajouter encore d’autres cordes à sa guitare, son instrument de prédilection, le voilà qui ne cache plus désormais ses envies de cinéma. Pas prioritairement pour s’exposer sur grand écran (on pourrait pourtant penser qu’avec un physique et un regard pareils, il n’aurait pas de mal à prendre la lumière) mais plutôt pour passer derrière la caméra. Ecrire, sa grande passion. Réaliser, un chemin pour son futur. Mais il ne perdrait pas de vue pour autant la musique, fil conducteur de sa vie. Car tant qu’à composer avec le rêve, il se verrait bien pouvoir enfin sortir cet album espéré depuis longtemps. Un album qu’il défendrait avec passion, lui qui a si souvent mis sa voix et ses notes au service des autres.                                 unnamed

« Mes grands-pères jouaient du piano, de l’accordéon, du violon, mon père et mon oncle faisaient de la guitare et je me souviens de ma mère chantant « Memory », le plus célèbre air de Cats, d’une façon incroyable… Avec une famille pareille, la voie était toute tracée, il était clair que je serai musicien. A cinq ans, j’écoutais aussi bien Mozart, Carmen que Maxime Leforestier, à treize ans, j’écrivais mes premières chansons. J’ai appris le piano par évidence, la guitare… presque par nécessité car c’était quand même plus facile à transporter, » sourit Julien Lamassonne.

Led Zep, Lenny Kravitz sortaient des riffs qu’il reproduisait avec un bonheur indicible alors après une année de fac option cinéma, il décide de mettre la musique en accord majeur. Débute un grand marathon des bars parisiens, la meilleure des écoles pour accrocher un public pas toujours attentif, l’apprentissage de l’humilité, une formation incomparable. «Pour moi, ça a été un vrai déclic. J’ai découvert des émotions, appris à composer avec toutes sortes de spectateurs, connu des échanges incroyables. J’ai aussi constaté que le plaisir ne me quittait pas, ce qui me confortait dans mes choix.»

En 2003, des copains l’informent qu’un producteur est à la recherche d’un artiste pour interpréter le générique d’un dessin animé. Ni une ni deux, Julien Lamassonne obtient de passer les auditions. De grands talents sont en concurrence… Mais c’est lui qui décroche l’enregistrement de « Code Lyoko ». La série de science-fiction a fait les belles heures de France 3 et de Canal J. Le générique est resté dans les mémoires de tous les fans du dessin animé.

En 2006, par un entrelacs de raisons diverses, lui, le parisien, se retrouve à représenter… la région Charente-Maritime afin de sélectionner le chanteur représentant la France à l’Eurovision. Il passe sans encombre toutes les étapes et figure dans le dernier carré lors d’une grande émission diffusée en direct sur France 3. « Ca peut surprendre, ça peut ne pas être compris… mais je ne voulais pas gagner ! Je sentais que ce truc là n’était pas pour moi et je me disais « pourvu que les gens ne votent pas pour moi!! » J’ai fini troisième et sincèrement ravi pour celle qui avait obtenu les faveurs du public. L’Eurovision, en tout cas à l’époque, franchement ce n’était pas très rock’n roll! »

On retrouve alors Julien Lamassonne à l’affiche de « Sol en Cirque », l’adaptation pour la scène du conte musical écrit trois ans plus tôt par Zazie, Vincent Baguian et Jean-Marie Léau, au profit de « Sol en Si » (Solidarité Enfants Sida), album qui avait connu un gros succès grâce à une belle brochette d’artistes (Cabrel, Maurane, Souchon, Le Forestier, Jonasz, Zazie elle même… ). Passionné par ce projet qui intègre de nouveaux interprètes, il avait passé le casting avec succès et décroché le rôle du zèbre, aux côtés d’ Ariane Pieri, de David Ban (pilier de nombreux spectacles, futur Portos des « Trois Mousquetaires », au Palais des Sports de Paris en septembre prochain). Le spectacle est magnifique, malheureusement la tournée s’arrêtera brutalement après la mise en liquidation de la société de production. « Le producteur a coulé le truc et c’est franchement dommage. L’aventure était belle, généreuse et aurait pu se poursuivre bien plus longtemps sans ces agissements regrettables. »

Jamais à court d’envies, Julien Lamassonne se recentre alors sur sa carrière de musicien. Il prête ses talents à de nombreux enregistrements, accompagne Sébastien Roch, le groupe MontparnassE (dont il arrange, dirige et réalise certains titres avec Emma Piettre au violoncelle), MontparnassE encore qu’il accompagnera quelques années plus tard pour la bande originale du « Coeur des Hommes 3 », de Marc Esposito. Il collabore aussi avec Calogero lors de l’enregistrement de la BO de « Mon Pote ».

unnamed-1

En 2007, avec la violoncelliste Emma Piettre, il monte le duo « Arthélie ». Un an plus tard, ils s’inscrivent au casting de « Stations Music », concours ouvert aux artistes jouant dans le métro, organisé par W9. « Il faut sans doute un peu de culot pour se poser dans un couloir et se mettre à jouer mais le métro est un passage qu’ont empreinté de nombreux musiciens. On apprend vite à repérer les bonnes stations, les horaires porteurs, 7h-9h et 17h-20h. Sur le grand nombre de candidats en lice, nous avons fini quatrièmes à l’issue d’une émission diffusée en direct sur la chaîne. Le drame de ma vie ces résultats pied de podium, » lance t’ il comme une boutade… Mais derrière le rire, on entend bien les notes désabusées.

« En 2010, j’avais participé à « X Factor ». Après la vague de sélections-éliminations au niveau national, j’étais arrivé dans les soixante dix derniers. Ma reprise de « Muse » avait séduit… Mais l’aventure s’est pourtant arrêtée là. Même chose avec « La Nouvelle Star ». Ma reprise de « Ziggy Stardust » a recueilli des commentaires enthousiastes mais ça n’est pas passé. Joies et mystères de ce métier… »

Repéré par Bruno Berbérès, le fameux « Monsieur Casting », l’homme de l’ombre à qui l’on doit une grosse part du succès de l’émission « The Voice » et des meilleures comédies musicales, Julien Lamassonne endosse alors le costume de l’Epouvantail dans « Dothy & le magicien d’Oz », la produite par Dove Attia  et Albert Cohen (dans laquelle figurent aussi d’actuels complices de « La Légende du Roi Arthur », David Alexis et Yamin Dib). Il répond ensuite à l’appel de Kamel Ouali pour «Dracula, l’amour plus fort que la mort », où il est la doublure de Julien Loko et Aymeric Ribot,

DSC_4742

DSC_3902

« Etre doublure est assez particulier. Tu dois maitriser un rôle, voire deux, en ne sachant jamais quand tu devras les interpréter. Ni peut être même… si tu le feras un jour! Certains metteurs en scène le prévoient, d’autres jouent du peut-être, cela reste assez flou mais il faut entretenir la mémoire pour être prêt si le moment se présente. Je connais des chanteurs qui le vivent avec une certaine frustration. Je le considère plutôt comme une expérience supplémentaire, ce qui ne m’a pas empêché de demander à Dove Attia, qui m’a choisi comme doublure de Florent Mothe, rôle principal de « La Légende du Roi Arthur », si je ne pouvais pas être davantage utilisé. Il l’a compris, j’ai la chance d’avoir un solo et de jouer plusieurs personnages. J’en suis très heureux. J’ai remplacé Florent trois fois, notamment lorsque le spectacle a été nominé aux NRJ Music Awards. Je l’avais appris trois semaines à l’avance, ce qui restait confortable. Mais on ne peut pas demander à toute la troupe de troupe de revenir pour un filage intégral uniquement parce que la doublure va officier. Alors, il subsiste quand même une forme de stress, qui heureusement, n’exclut pas le plaisir. »

Le 25 Juin, la tournée s’achèvera. Exit l’Homme du Peuple, Urien. Remisés les costumes de la Table Ronde. Julien Lamassonne ignore encore le chemin qu’il prendra. Une certitude, les envies ne manquent pas. Celles conduisant au cinéma peut-être. Depuis plusieurs semaines, il exerce ses talents de réalisateur pour la web-série « C’est pas la bonne… », les aventures loufoques et très drôles imaginées (et jouées) par David Alexis et Yamin Dib, tournées entre deux représentations, sans vrais moyens mais qui commencent à bien cartonner et que l’on espère donc voir perdurer.

DSC_6147

DSC_6086 DSC_6159 11.56.59
DSC_6132_

« J’ai toujours été hanté par le cinéma. A vingt et un ans, j’écrivais mon premier court métrage et depuis trois ans, je m’y repenche plus sérieusement. Les techniques, les métiers, la façon d’écrire un scénario, le jeu du comédien, pour lequel j’avais déjà beaucoup appris avec Philippe Lelièvre, notre coach sur Dracula. J’ai suivi des stages de cascadeurs, par curiosité, parce que je me rêvais en super héros aussi. Au final, c’ est assez troublant, çà confronte à ses peurs… donc à soi-même. J’ai participé à des concours de courts-métrages aux thèmes imposés également, comme le fameux concours Nikon et ses « Je suis… » « Je suis un duel au sommet », « Je suis un choix », « Je suis un geste ». J’ai fini 36ème sur 1056, au classement du public. Ca donne envie de continuer! »

Julien Lamassonne a aussi tourné encore le pilote de « La vie rêvée », une très jolie série avec deux actrices, sur la vie réelle ou telle qu’imaginée par le grand public, de deux comédiennes. « J’explore, je découvre, je cherche. C’est passionnant. J’ai très envie de poursuivre la connaissance afin de pouvoir un jour faire le grand saut et tourner le film que j’ai en tête. »

En attendant, parce que sa voie trace le plus constant des chemins, Julien Lamassonne trouvera peut-être aussi la maison de disques qui lui permettra de signer pour l’album qu’il porte depuis pas mal de temps. Avec Emma Piettre, sa superbe compagne au violoncelle et aux choeurs, on se prend à imaginer ce que seraient ces titres. La reprise de « Délicate » de Damien Rice qui vient de leur permettre de figurer dans les dix finalistes du concours national « Il était une voix », organisé par la chaire de restaurants « Au Bureau », est un exemple éclatant. Avec leurs propres notes et ses histoires, lui le fin gourmet du mot juste qui a l’écriture en passion, avec sa seule voix ou leurs deux timbres mêlés, oui, on imagine et on se dit que le temps est venu qu’éclate enfin cet artiste encore trop méconnu. Aux Etats-Unis, où l’on n’emprisonne pas dans des cases réductrices, il crèverait l’affiche. En France, il détonne. Trop belle voix, trop belle gueule, trop musicien… Trop bien finalement ! Mais Julien Lamassonne veut rester confiant et il a raison. Il a la quarantaine (dans quelques jours) rugissante et il ne lâchera rien. Vienne le temps, sonne son heure !

Magali MICHEL.

Crédits photos tournage C’est Pas La Bonne & La Légende Du Roi Arthur // Sophie BRANDET.

Crédits photos autres // Cédric Desbonnet & Slimane Lalami.

 

compas (3)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s