Concert de Louis et Al Delort au 180, du haut de gamme

On a beau être rompu à l’exercice et avoir déjà partagé des dizaines de scènes, pas facile de trouver la juste mesure pour avancer ensemble tout en offrant aussi ses propres créations. C’est pourtant ce qu’ont brillamment réussi Al et Louis Delort ce 22 Janvier, sur la scène du 180, la magnifique (et toute récente) salle de Sainte-Bazeille dans le Lot et Garonne. Acoustique, intimiste et pourtant bien rock ’n’ roll.

DSC_4563

Ils ont en commun un sens inné de la musique, une même passion pour les Beatles et le foot (tendance Olympique Lyonnais, nul n’est parfait!). Ils ont ce même regard sur le monde artistique, ce « milieu » comme disent les  » professionnels de la profession « . Ils ont aussi, et peut-être surtout, une envie toujours plus forte de donner en partage le meilleur de leur univers.

DSC_4276

DSC_4486

Al Delort sème ses notes depuis plus de quarante ans. Guitariste lauréat des meilleurs prix, accompagnateur recherché ayant usé ses cordes sur les plus grandes scènes de France, il s’est aussi fait connaître en tant qu’auteur-compositeur-interprète de trois superbes albums, le dernier né, « Nicotine », sorti cet automne, libre et affranchi des derniers blocages, montrant enfin son plaisir à jouer plus électrique.

DSC_4488 copy DSC_4344

Louis, du haut de son expérience déjà dense (finaliste de The Voice saison 1, titulaire de l’un des rôles principaux de la comédie musicale « 1789, les Amants de la Bastille », NMA de la Révélation francophone de l’année 2013, un album et une tournée avec The Sheperds (renforcés par Jean-Etienne Maillard, Théo et Valentin Ceccaldi) a assez roulé sa bosse pour gonfler les rangs de ses fans mais ne pas se laisser bercer par le chant des sirènes.

Les pieds plantés dans les vraies valeurs, instruit sans doute aussi par le parcours de son illustre père, il sait qu’exister et se faire (re)connaître ont parfois des allures de mirages! Une lucidité qui visiblement booste ce musicien dans l’âme qui concocte actuellement… deux albums ! Audacieux peut-être. Parfaitement cohérent surtout. L’un sortira chez Mercury, sa maison de disques, avant la fin de l’année, et verra la présence d’autres signatures, tant pour la composition que pour l’écriture. L’autre sera indépendant et donnera la part belle à ce « rock sans concession et sans demi mesure » qu’il a l’habitude de jouer avec The Sheperds, ses amis de toujours (Lucas Goudard et Victorien Berger). Voilà donc les Delort dans les bacs pour un bon moment.

DSC_4336

DSC_4216

Surdoué (le mot est galvaudé à force d’usage excessif mais en ce qui le concerne, il paraîtrait presque réducteur tant ce touche à tout semble avoir le talent pour carte de visite et la composition pour évidence), Louis a profité de cette scène partagée avec Al Delort, pour offrir quelques unes de ses nouvelles chansons. Et il aura suffi de quelques refrains pour que le public constate combien certains talents s’offrent en héritage. Combien les mots de l’un prennent une dimension encore plus forte avec les partitions de l’autre. Combien la complicité est belle quand elle s’affiche aussi naturelle, entre respect et admiration réciproques.

Car le public qui ne connaissait pas encore Al Delort a pu découvrir ses chansons à l’ écriture inimitable, ses jeux de rôles pas toujours drôles, ses rires en éclats mais aussi ses sourires, parce que c’est toujours mieux que pleurer. L’élégance dans tous les sentiments… Gainsbourg ou Bashung l’aurait adoubé.

DSC_4210 DSC_4277

DSC_4533 copy

C’est donc avec le plus grand naturel que père et fils se sont partagés la scène et une vingtaine de titres« On a tellement joué ensemble, même avant The Voice, que cela ne peut pas produire de trac, » observe Louis Delort. « Certains parents mettent la pression. Mon père n’est pas comme ça. Au contraire ! Il a plutôt un regard de protection et tout se met en place dans la bonne humeur. Du coup, ça me permet de le chambrer quand il butte sur l’une de mes compos, comme ce riff irlandais d’ « Emmène moi » qui le gêne… Si, si, reconnais le, il te gêne !» L’intéressé (au rire inimitable) ne conteste pas. Fier de cette progéniture qui le bouscule et pour lequel il rêve d’un chemin riche de succès. « Je suis bien placé pour savoir que ce milieu est compliqué, que les choses peuvent se faire et se défaire pour des raisons pas toujours artistiques (…) Un père a toujours peur pour ses enfants et plus encore quand il a déjà emprunté des sentiers communs. Mais je fais confiance à Louis. Il a un sens de la musique, de l’écriture et une belle personnalité… Je ne lui vois qu’un défaut peut-être : il va trop vite ! »

DSC_4414

A quelques minutes d’entrer sur scène, le « trop rapide » ne cherche pas à nier. Tout juste observe t’il que la dite « accusation » est portée par quelqu’un qui écrit très vite lui-même. Il préfère observer le parcours de son père et, l’air de rien, lui rendre un hommage touchant. « C’est un auteur incroyable. Ses textes se lisent et se relisent avec la même intensité, le même plaisir. Il n’est peut-être pas disque d’or mais ses chansons resteront. Il a composé une oeuvre magnifique qui demeurera même après lui. Ce n’est pas rien et il y a de quoi être fier (…)  Les paillettes, ce n’est pas sa place. Il est dans quelque chose de bien plus fort parce que bien plus profond. Et il le fait tout seul parce que dans ce pays, souvent, on ne te donne pas les moyens. Mais il a pourtant poursuivi sa route et  il vient de sortir « Nicotine », qui est un disque magnifique, qui lui ressemble et qu’il a pu produire selon ses véritables envies, ce qui aujourd’hui est une chance très très rare… »

DSC_4497

Al Delort écoute. Silencieux. Manifestement surpris, touché, par l’hommage et la clairvoyance du regard de son cadet. Il est clair qu’il n’y aura toujours que de l’admiration et de la bienveillance entre ces deux là et que ces propos ne sont pas le seul fruit de la filiation mais bien de deux artistes qui ne cessent de s’étonner et de se renvoyer la note avec maestria.

Cela n’a pas échappé au public du 180 qui a prêté une écoute aussi attentive qu’enthousiaste à ces morceaux souvent revisités (la version d’ « Emmène moi » à la guitare était magnifique, « Couleurs Automnes », la bouleversante chanson d’Al Delort, avec de nouveaux atours et une fin portée par les guitares électriques, restera dans les mémoires, « Juste un mot d’elle», la toute première chanson de Louis, a permis de voir que tout était en place et beau depuis longtemps, pour ne citer que celles là) et a beaucoup ri aussi des échanges entre deux changements d’instruments.

DSC_4280 DSC_4584 DSC_4409 DSC_4598 copy

Le 13 avril, Al Delort sera sur la scène de l’Européen à Paris accompagné de nombreux musiciens amis. Louis sera aussi de la partie. Il aura sans doute alors ce même regard protecteur et cette façon d’agir très professionnelle, moins dans la lumière, qu’il affichait lors du concert de présentation de « Nicotine » à Dijon. Selon les scènes, les rôles s’échangent. Mais quand le père et le fils affichent ce même plaisir des partitions partagées, la complicité reste en accord majeur.

Magali MICHEL.
Crédits photos // Sophie BRANDET.

– Afin de financer leur album « rock et sans concession », Louis Delort & The Sheperds remettent en vente leur premier disque, « The Gold Taste », sorti voilà 5 ans. Pour acheter ce collector et prendre ainsi une part active dans le financement du nouveau disque, il suffit de cliquer sur l’onglet Facebook « The Sheperds Store ».  https://www.facebook.com/TheSheperds/?fref=ts – 

DSC_4613

DSC_4610-3 copy

compas (3)

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s