Arthur entre avec noblesse dans la légende de la comédie musicale

Depuis la mi-septembre, Paris abrite l’une des plus célèbres histoires de la mythologie celtique, revue et réorchestrée par Dove Attia, grand enchanteur de la comédie musicale en France. Arthur, Guenièvre, Morgane et les autres entreront-ils dans la légende ? Réponse au Palais des Congrès jusqu’à la fin novembre.                            

Il était une fois Arthur, écuyer devenu Roi, la douce Guenièvre, sa blondissime chérie et le fidèle Lancelot du Lac. Deux hommes, une femme… Au temps anciens des contes et légendes de Bretagne, on savait déjà les ingrédients qui feraient vibrer les soirées à l’ombre des dolmens. Feydeau n’aurait plus qu’à copier-coller. Mais l’intrigue aurait souffert s’il n’y avait eu la juste dose de magie et de fantastique. Arrivent alors Morgane, une fée sans baguette mais à la manigance naturelle, demi soeur d’Arthur, partagée entre peine et soif de vengeance, Méléagant, prince frustré à qui le trône échappe faute d’avoir pu décrocher Excalibur. Merlin bien sûr, hôte régulier des récits celtes. Quelques siècles plus tard, s’y greffent aussi des danseurs, des effets spéciaux parfaitement réussis, des chansons dont certaines sont déjà devenues des tubes, une vingtaine de décors et pas moins de quatre-cents costumes… bienvenue dans le nouveau spectacle imaginé par Dove Attia, mis en scène et chorégraphie par Giuliano Peparini, celui à qui avait déjà été confié « 1789, les Amants de la Bastille » !

En décidant de s’approprier la Légende d’Arthur, Dove Attia a du choisir parmi toutes les versions de ce récit célébrissime. prendre un parti et le décliner sans pour autant trahir les fondamentaux. Il a décidé que ce serait l’histoire extraordinaire d’un homme ordinaire, celle d’un jeune écuyer qui devient roi et découvre alors sa véritable origine, tombe fou amoureux de Guenièvre jusqu’à ce que la route s’écarte de ces sentiers trop romantiquement balisés.

Le livret est bien ficelé et laisse la part belle au suspens, à la magie et à l’émotion. Le texte a une place plus grande que dans les comédies musicales présentées en France ces dernières années. On sent que le jeu d’acteur a été plus exploré. Les personnages y gagnent en densité et les chanteurs sont plus à l’aise, plus justes aussi, dans ces passages purement théâtraux.

Il est vrai aussi que les interprètes en question ont déjà un joli parcours: c’est à Florent Mothe, inoubliable Salieri de « Mozart, l’opéra rock » que revient le rôle titre. Affûté, maniant l’épée sans rien perdre de ses capacités vocales, il est un Arthur touchant et charismatique. Camille Lou, déjà présente dans « Les Amants de la Bastille » glisse du grave dans ses notes comme dans ses tourments.

Les vraies surprises sont à trouver plutôt du côté de Zaho en fée Morgane parfaite. Sa présence au casting avait surpris. Pas beaucoup de connexions a priori entre l’interprète de « C’est chelou » et cet univers mythologique. Un vrai scepticisme même, malgré ses nombreuses collaborations, à lui voir confier une partie de la partition… Autant reconnaître l’erreur d’emblée : Zaho est d’une crédibilité totale et contribue à faire de Morgane un personnage majeur de l’histoire. Autre jolie découverte, celle de Fabien Incardona en Méléagant. Sa voix se joue des envolées, son jeu sait l’équilibre entre inquiétude et charme. Dommage que sa présence ne soit pas plus importante mais  ce rôle  devrait donner une belle impulsion à sa carrière. Dommage aussi que David Alexis (Merlin) ne soit pas davantage présent. La faute à l’histoire bien sûr mais sa diction comme sa voix offrent de vrais moments de plaisir. Quant à Charlie Boisseau, qui a remplacé en cours de préparation David Carreira happé par ses projets personnels, il devrait réussir à s’imposer davantage au fil des représentations, sa voix étant déjà joliment posée.

Des effets spéciaux spectaculaires, une utilisation toujours aussi recherchée de la projection, des décors spectaculaires et des costumes aussi impressionnants que somptueux, de nombreuses chansons déjà devenues tubes (Dove Attia s’est associé Zaho, mais également  Rod Janois, grand habitué lui aussi des comédies musicales, Skread, Sylvio Lisbonne, Nazim Khaled pour la partition, Vincent Baguian mettant sa griffe sur une grande partie des paroles)… si l’on excepte le son du Palais des Congrès, toujours aussi aléatoire, il y a tout pour faire entrer Arthur dans une autre forme de légende. La réponse est désormais dans les mains du public.

Magali MICHEL.


– La légende du Roi Arthur, Au Palais des Congrès 2 place de la Porte Maillot 75017 Paris jusqu’à la fin novembre, en tournée dans toute la France de décembre à juin. –

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