Yanis Marshall avance sur talent haut.

A vingt-cinq ans, Yanis Marshall est l’un des danseurs les plus talentueux de sa génération. Egalement chorégraphe et enseignant, il fait souffler un vent nouveau, empreint d’énergie et de sensualité sur une discipline dont il tient pourtant à respecter les fondamentaux. Bien qu’évoluant souvent sur des talons de 15, le garçon n’est pas du tout « perché ». Rencontre avec un surdoué qui a su garder la tête froide.

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Hier à Taiwan pour chorégraphier et accompagner Jolin Tsai, immense star asiatique, dans son dernier clip. Aujourd’hui à Nantes pour diriger une master class dans le cadre du 3ème River Festival, demain au Portugal, ensuite… ? Ensuite, il ne se souvient plus vraiment mais son agenda lui sera fourni en temps utile par son assistant qui veille depuis Paris à son parcours de danser-globetrotter. Ainsi va la vie de Yanis Marshall, vingt-six ans, dix ans de carrière et une renommée internationale qui ne cesse de croître. A l’origine de cet incroyable succès, l’envie de s’affirmer différemment, de repousser les codes bien-pensants et trop académiques même dans l’univers pourtant moins feutré du modern jazz. Et revendiquer le droit de danser sur des talons dont la hauteur ferait craindre la chute à toutes les aficionadas des Louboutin. Observation qui l’amuse : « Je ne suis jamais tombé. La seule fois où j’ai frôlé le bitume, je portais des chaussures plates! » Une hauteur de vue qui lui a permis de voir les choses différemment et de ne pas focaliser sur les remarques acerbes que pouvaient provoquer ces fameux talons. Bien lui en a pris : les images de sa chorégraphie dans les rues de Paris sur un titre des Spice Girl, avec ses deux acolytes, Mehdi Mamine et Arnaud Boursain, ont fait le tour du monde en quelques jours. Aujourd’hui, les  vidéos de sa chaîne Youtube affichent plus de cent-millions de vues.

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Flash back. Dans les environs de Cannes, Yanis Marshall apprend sous la houlette de sa mère, professeur de danse. Passionné et généreux, à 9 ans il donne déjà  ses premiers cours aux plus jeunes qui n’ont pas sa facilité naturelle. Deux ans plus tard, il intègre l’école Supérieure de Danse de Rosella Hightower, où il n’y a de place que pour l’exigence et la discipline. Puis il poursuit sa formation au Centre International de Danse Jazz Rick Odums où il crée la surprise en obtenant, à seulement quinze ans, son Examen d’Aptitude technique avec les honneurs, section danse Jazz. Il accepte alors un casting en tant que danseur dans la série TV « Sous le soleil ». Le hasard fait bien les choses : il y croise Kamel Ouali qui met en scène « Le Roi Soleil » (la comédie musicale produite par Dove Attia et Albert Cohen) et lui propose d’ intégrer la troupe. Yanis Marshall a quinze ans et est le plus jeune participant à cette aventure triomphale. Il enchaîne avec « Les Dix Commandements », en France mais aussi pour la tournée mondiale qui passe par Séoul et la Corée du Sud.

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« C’est après cette période intense que j’ai connu une petite baisse d’activités. J’avais un parcours très rempli mais j’étais trop jeune pour de nombreux projets. J’aurais pu attendre mais ce n’est pas trop moi. J’ai préféré partir à New-York travailler et découvrir d’autres disciplines. » Outre-Atlantique, il rencontre ainsi Sheryl Murakami, chorégraphe de Beyoncé et de Lady Gaga, entres autres, auréolée d’un Emmy Award, qui l’initie au street jazz. Yanis Marshall rentre en France un an plus tard avec l’envie folle de partager sa passion. En 2010, il intégre l’équipe pédagogique du fameux Studio Harmonic, à Paris. Le buzz est rapide. Une poignée d’élèves à l’origine, des centaines pour chacune de ses master class aujourd’hui. « Il n’ y a pas de formules toutes prêtes. Les stagiaires savent que la bonne humeur n’empêche pas la discipline. Quels que soient les niveaux, à la fin de ces séances, ils auront de toutes façons progressé et, normalement (!) réussi des chorés qui pouvaient leur paraître trop ambitieuses. Ils viennent souvent pour le cours « avec talons » mais ils constatent aussi, avant cela, la rigueur et le sérieux qu’il faut pour obtenir un résultat propre, les fondamentaux qui doivent être connus et maîtrisés. Même à plat! »

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Car c’est effectivement aussi pour son aisance à évoluer sur talons que Yanis Marshall est mis au rang d’idole pour des milliers de danseurs. Depuis qu’avec son fameux tandem Boursain-Mamine il a participé à Britain’s Got Talent, passant à deux escarpins de la victoire puis enchaînant l’émission « La Meilleure Danse », où il crevait l’écran avec ses chorégraphies et cet univers qui n’appartient qu’à lui.

Que les esprits chagrins ou les étriqués de l’art passent leur chemin ! Lorsque Yanis Marshall danse sur ces hauteurs qu’il affectionne tant, celà reste d’une élégance totale. Ce type là a tout compris et sait comme personne la recette du cocktail énergie-inventivité-sensualité. Le résultat, bluffant, est même parvenu jusqu’aux oreilles de Beyoncé, l’une des idoles du danseur, qui a partagé sur sa page Facebook sa chorégraphie de « Partition ». Ciara, Ariana Grande ont également fait part de leur admiration.

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Depuis l’automne dernier, c’est aussi Le Cirque du Soleil, pour son spectacle-cabaret « Zumanity » qui a voulu s’attacher sa signature. Avant de répondre, même s’il savait qu’il aurait carte blanche, il a longuement étudié, visionné. « Ce spectacle pour adultes, présenté comme le côté sensuel du Cirque du Soleil par René Richard Cyr et Dominic Champagne, les deux créateurs, me parle mais il fallait que je sache si je pouvais y glisser quelque chose de nouveau qui ne se démoderait pas au fil des ans. Le spectacle a onze ans, il fallait relever ce défi de l’original qui perdrait pas de sa fraîcheur. Je crois que l’objectif a été atteint. Les critiques mais aussi, avant eux, les interprètes ont aimé ce vent de sensualité revisité qui souffle de temps à autre. Et la mission est parfaitement « gardée » puisqu’Arnaud Boursain est parti s’installer à Las Vegas, où se joue le show. Il sera là si des ajustages ou des changements de danseurs devait intervenir. »

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Danser, chorégraphier, enseigner… Yanis Marshall a trouvé le trépied de sa passion et va partout où sa notoriété le réclame, défiant le jet lag, conservant envie, passion et disponibilité. « Je suis chanceux puisque j’ai ce luxe extrême de pouvoir choisir mes projets et de m’accorder de temps à autres deux ou trois jours de respiration, sans musique, sans danse, pour réfléchir, me ressourcer aussi. » Il s’éloigne en souriant rejoindre ses stagiaires nantais. Avec la grâce du félin. Beyoncé fait hurler les décibels. Yanis Marshall montre la chorégraphie qu’il a créée. Trois minutes à couper le souffle. Les applaudissements recouvrent la musique. Nul ne résiste à cette météorite qui place le talent haut.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

Vidéo résumant bien le talent de Yanis Marshall…

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