The Dukes sèment avec succès aux Moissons Rock.

Ils jouaient en première partie des Shaka Ponk à Tours début avril. Une demi heure de set sans temps mort… Mais frustrant car trop court! Les Dukes étant au programme des Moissons Rock ce 13 mai, l’occasion était trop belle de les revoir pour un concert entier. Le rock dans sa plus grande classe.   

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Jamais simple d’assurer une première partie : le public n’est pas forcément réceptif, il manifeste son impatience à coups de conversations indifférentes, d’hostilités même parfois lorsque la bêtise prend le dessus. Pas facile non plus de passer après la tête d’affiche : il est tard, la star a chanté, on peut y aller. Et bien les Dukes peuvent désormais s’enorgueillir d’avoir franchi  ces deux épreuves avec une facilité déconcertante. Après les superbes sets d’une trentaine de minutes en préambule des Shaka Ponk ou des Triggerfinger, à Amnéville, Lille, Tours ou bien encore à la Gaité Lyrique (Paris) ces derniers mois, les Dukes ont offert aux Moissons Rocks de Juvigny (51) une première soirée d’anthologie, provoquant le retour des spectateurs qui avaient déserté le chapiteau après les derniers accords de Louis Bertignac. Une heure dix de pur bonheur.

Depuis la sortie de « Smoke against the beat », voilà tout juste un an, le tandem à l’origine de ce rock indie, Greg Jacks, à la batterie, et Shanka (François Maigret), au chant et à la guitare, s’impose avec une force tranquille à l’opposé de l’énergie déployée sur scène. Ils savent que ce deuxième album (le premier dans cette nouvelle configuration, les Dukes étant quatre lorsque l’aventure a démarré voilà cinq ans) ne constitue qu’une étape et que la route sera encore longue avant une reconnaissance plus évidente. Ils le vivent avec la philosophie apparente de vieux sages. « Que ce soit face à vingt personnes ou face un Zénith bondé, on enverra avec la même force, » rappelle Greg Jacks. « On adore ce projet, on a envie de le partager et cet enthousiasme ne se décline pas selon les auditoires… Heureusement! »

De leurs expériences respectives (ils se sont connus au sein de No One is Innocent (dont Shanka est toujours le guitariste), Greg Jacks a également été le batteur de Superbus), ils savent aussi que rien n’est gagné d’avance et que parfois, un succès trop rapide peut verser aussi sec vers une abyme sans retour. Alors ils prennent leur temps. Ils connaissent la force du bouche à oreille… Sur scène, ils donnent tout. Généreux, survoltés, d’une énergie no limite, ils assurent un moment rock comme la scène française n’en avait pas connu depuis longtemps. La partition n’exclut par pour autant des moments plus doux avec une ligne mélodique ciselée. Mais toujours, ça envoie, ça joue avec une précision d’orfèvre car ces deux là sont des musiciens extraordinairement doués qui livrent un show d’une originalité bluffante. L’illustration parmi les plus réussies actuellement de cet art’n’roll que beaucoup tentent d’approcher sans y parvenir. Un smoky (mi-loup, mi-croco) par ci, une autre animation sur la grosse caisse par là, autant de personnages désormais identifiés, signés par Shanka, et qui sont partie intégrante du voyage.

Est-ce l’effet « dernier de l’affiche » ? Est-ce le plaisir de pouvoir offrir un show de plus d’une heure? Les deux peut-être. Seule certitude, rien n’aurait arrêté les Dukes mercredi soir. Et lorsque « Black hole love » a laissé éclater ses premiers accords, le public des Moissons Rock, qui s’était un peu dispersé, a commencé à se resserrer sous le chapiteau. « Smoke against the beat » et « Daisy’s eyes » ont poursuivi l’effet. Un pogo a démarré près de la scène. Laurent Charnot, le fondateur, toujours programmateur de cette vingt-et-unième édition, était aux anges. Plus d’un millier de personnes aux abords de minuit, il fallait les Dukes pour réussir cet improbable pari.

La durée du concert permettant davantage l’échange, Shanka a alterné les petits mots et les anecdotes, mentionnant cette ancienne tradition lorraine, les blessures à la pierre de sucre qui laissent des cicatrices à vie, comme l’évoque « Sugar Cut ». Toujours aussi souriant, rassuré peut être aussi de voir que si les spectateurs étaient restés aussi massivement, ce n’était que pour eux. « Mais c’est génial!! Ils rejouent où et quand? » répétaient en boucle des jeunes au milieu du public.

Si la durée du concert a permis d’entendre les incontournables de « Smoke against the beat », elle aura aussi été l’occasion de retrouver plusieurs titres de « Victory », le premier opus et notamment la magnifique « Nothing in this world ». Gros cadeau surprise, il aura également révélé un premier titre du prochain  album. Redoutablement efficace, noisy… qui donne envie d’en entendre très vite davantage.

Le 27 juin prochain, les Dukes seront présents sur la scène du Festival Pic’Arts à Septmonts (02). Les directeurs de salles, les programmateurs qui n’auraient pas encore croisé le talent de ces deux types là, devraient se ruer sur cette date. A l’heure du formaté, des sons aseptisés, alors qu’il faut se battre pour faire exister le rock et les textes anglais en dépit des quotas imposés aux radios, alors que le copier n’a jamais fait décoller les envies, c’est euphorisant de voir que le rock sait encore glisser du rebel dans ses décibels. Triggerfinger joue cette année au Hellfest. Les Dukes et leur rock puissant, leur univers aussi personnel, pourraient largement s’inscrire dans le line up de l’édition prochaine. Comme dans celle de Garorock, ou de toutes autres scènes ne se contentant pas de reprendre inlassablement et sans une once d’originalité les mêmes artistes, dont l’attrait initial finit par disparaître à force de surexploitation. En attendant, Smoki a traversé l’Atlantique: les Dukes partent à la conquête de l’Ouest jusqu’à la fin mai, une dizaine de concerts dans des petits clubs mais où ils sont déjà très attendus. L’histoire ne fait que commencer…

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

Pour avoir une idée de ce que donnent les Dukes sur scène… Black Hole Love, réalisé par Grégoire Cerruti. 

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