La mécanique du coeur d’Adam Barnes.

Youtube offre parfois de jolis moments, comme des petits cadeaux surprises. Vous cherchez quelque chose et puis vous tombez sur une chanson qui vous donne envie d’en entendre davantage. C’est ce qui c’est récemment produit avec Adam Barnes, un jeune artiste anglais prometteur. Il vient de sortir son premier album et ne devrait pas rester longtemps anonyme de ce côté-ci de la Manche. Entretien.

De grands yeux doux et rêveurs, la barbe rousse fleurie, Adam Barnes a le profil de ses chansons, la version moderne du barde folk. A bientôt vingt-cinq ans, ce jeune auteur-compositeur-interprète natif d’Oxford trace sa route avec passion, heureux d’avoir réalisé un album qui lui ressemble, ému de voir la façon dont ses refrains sont reçus. Mais sans chercher à brûler les étapes et croire que la gloire est à portée de partitions. « Je viens d’une famille où on parle davantage mécanique que musique… Alors, quand ado, je me suis mis à la guitare puis à composer, ça a un peu interpelé! On a du penser que ce ne serait qu’une passade. Mais moi, j’ai su très vite que la musique serait l’histoire de ma vie. Quels que soient le chemin pour y parvenir. »

Il a de la chance, le temps n’a pas été trop long même si le chemin justement n’en est encore qu’à son début. « The Land, The Sea and Everything Lost Beneath », son premier album est sorti à la fin de l’année dernière (après un EP de huit titres en 2011)  et le public se retrouve déjà sans ses titres. Pas facile pourtant de chercher à se frayer un passage dans un pays qui charrie son lot régulier de talents aux gloires déjà internationales (Ed Sheeran, James Bay, James Arthur, Passenger, pour ne citer que les plus récents).

Mais Adam Barnes ne se pose pas la question en ces termes. Il compose, écrit et a trouvé une façon bien à lui d’assurer la promo : le « House Tour ». En d’autres termes, vous passez commande d’un concert et il s’installe chez vous, entre canapé et vaisselier. « Je pense qu’il ne peut pas y avoir de meilleure école ! Les personnes qui me sollicitent sont de vrais passionnés. Ils aiment la musique (a priori, ils aiment même la mienne !) et ont une écoute beaucoup plus attentive. Reste pour moi à gérer le trac car jouer devant une famille, un groupe d’amis, c’est réellement plus stressant qu’un concert dans une salle traditionnelle. Mais j’adore ça! J’ai effectué une tournée assez importante avec ces prestations très privées et j’en suis ressorti très riche de souvenirs et de magnifiques rencontres. J’ai eu aussi le sentiment que les hôtes étaient eux aussi très heureux de ce moment. »

Grand adorateur de Damien Rice, Ray Lamontagne mais également de compositeurs américains moins connus, comme Noah Gundersen, Aiden Knight ou Andy Shauf, Adam Barnes livre un folk souvent mélancolique sans pour autant que ça sonne tristesse complaisante. « Tout est prétexte à inspiration, la vie réelle comme la littérature mais je reconnais que les moments un peu à part, les sentiments contraires me parlent particulièrement. Le bonheur est peut-être moins facile à mettre en mots et en musique. Pour moi en tout cas. Bon… je transforme quand même pour que ces émotions, surtout celles qui me sont plus personnelles, soient faciles à interpréter. Et puis il faut que celui qui écoute puisse s’identifier. Je ne suis pas là pour livrer mes petits états d’âme. Dans mes chansons, les garçons passent pour romantiques car ils mettent la fille au centre de tout et sont prêts à renoncer à beaucoup pour lui plaire… Mais je ne suis pas sûr que ce soit la bonne formule: l’amour ne doit pas être obsessionnel sinon la quête a quelque chose d’égoïste. Comme quoi, toute vision est relative! »

En attendant de trouver d’autres réponses et de puiser l’inspiration dans les ressorts de l’âme humaine, Adam Barnes poursuit sa route. Une date parisienne pourrait voir le jour prochainement. Il adorerait. « Je cherche un lieu sympa sur Paris. Ce serait vraiment cool de venir jouer là-bas. J’en ai envie depuis longtemps mais je ne veux rien précipiter (…) Je me sens très proche de James Bay, Ryan Keen… ce sont des types talentueux qui eux aussi ont pris leur temps. Je me dis que je ne suis peut-être pas très loin d’eux et que ma route pourrait suivre la leur. On verra bien… Il faut avoir des rêves. Le jour où j’aurai joué en première partie de Paul Simon ou Damien Rice, j’aurai accompli le mien!! »

Magali MICHEL.

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