Déferlante pleine de succès pour Ryan Keen.

En Juillet 2012, Ryan Keen assurait la première partie d’Ed Sheeran à la Cigale (Paris). Deux ans et demi et quelques centaines de concerts plus tard, c’est avec Sheeran toujours qu’il foule à nouveau les scènes européennes. Mais sa notoriété comme les salles ont pris de l’ampleur: dans des zeniths désormais pleins à craquer, le prodigieux britannique vient d’enthousiasmer un public qui, pour une fois, n’en a pas que pour la star de la soirée. Emouvante ascension.

Quel artiste n’a pas essuyé les plâtres de la renommée en assurant à travers un brouhaha pas même discret la première partie de l’hôte principal de la soirée ? Lorsqu’une certaine cohérence de choix emporte un peu d’écoute, cela passe encore. Mais lorsqu’une malheureuse en solo piano-voix fait antichambre d’un groupe au rock puissant, c’est souvent douloureux. Formateur, peut-être. Mais douloureux assurément.

En demandant à Ryan Keen d’assurer la première partie de sa tournée mondiale pour toute la zone européenne, la production d’ Ed Sheeran a su viser juste. L’artiste est charismatique, chaleureux; il a déjà tellement roulé sa guitare qu’il est à hauteur idéale. Et le public d’Ed Sheeran, féminin et jeune pour l’essentiel, lui fait bien plus que les yeux doux. Ce sont des vagues de « Ryan, Ryan » qui le réclament et s’enthousiasment. Alors forcément, lorsque l’intéressé débarque sur scène, c’est sourire en bandoulière, émotion visible de celui qui apprécie chaque minute de son ascension. A ses côtés, complice souriant et percussionniste de haut vol, Lee Eksioglu goûte lui aussi cet incroyable tempo.

« Je regarde tout ça et je me dis que c’est incroyable ! » commente Ryan Keen visiblement heureux. « Mais je sais aussi qu’il reste encore du chemin, que je veux poursuivre encore et encore pour exister plus fort et surtout par moi-même, que ce soit moi qui déplace des foules aussi grandes… » Immense éclat de rire mais qui ne renie rien de son envie. Et il a raison d’y croire car pour l’heure la route est belle.

En Mars 2011, Ryan Keen décroche une première récompense des industriels du disque. De quoi lui ouvrir les portes d’ un éditeur indépendant, Imagem, qui lui fournit tout l’attirail nécessaire pour lui permettre de se développer et le met sur la voie d’Ed Sheeran et de sa première tournée. L’aventure aurait pu tourner court car moins de deux semaines avant de prendre la route, Ryan Keen se coupe profondément le tendon de la main droite (il n’y a bien qu’un anglais pour vouloir ouvrir un grand crû de Bordeaux sans tire-bouchons…). Pas facile même pour un virtuose de la guitare qui explore depuis ses huit ans tous les genres possibles. Mais par la grâce d’une volonté farouche et d’un kiné rompu aux techniques nouvelles, il peut prendre la route et présenter « Focus », son EP tout juste né. Ceux qui ont eu la chance de le voir en Juillet 2012 à la Cigale (Paris) s’en souviennent encore, ébahis par ce talent de la nouvelle scène anglaise.

Avec son van très « surfer des sixties », Ryan Keen continue et écume les festivals. Sa voix chaude, ses couleurs intimistes, ses textes puissants servis par un instrument dont l’interprétation laisse bouche bée assurent progressivement sa renommée. Première partie de Plan B au fameux ITunes Festival de Grande Bretagne, un  EP, « Back to the Ocean », la première partie de la tournée de Tom Odell (passée par l’Alhambra en avril 2014) après une immense tournée solo de plusieurs semaines en Australie, des dizaines de salles à travers Suisse, Belgique et Allemagne où son succès est tel que l’un de ses plus gros succès est choisi parmi la bande originale de « Hin und weg », un film qui a connu un gros succès outre-Rhin. Des milliers de kilomètres parcourus, de show case, de micros de radios et de plateaux de télévision pour assurer sa promotion et celle de « Room for light », son premier album sorti en 2013 en Grande Bretagne (disponible en France sur Itunes car pas encore de label signé pour l’Hexagone). Pas le temps de douter, toujours souriant, disponible et d’une humilité assez exceptionnelle, le voilà désormais acclamé par les foules, certes en bénéficiant de l’éclairage d’un Ed Sheeran devenu star au succès planétaire. Mais légitime. A sa place dans cette lumière accrue.

A Nantes ce 3 février, Ryan Keen a livré huit titres, dont les superbes Orelia, Old Scars, Know about me. Un joyeux détour par « Uptown funk » de Bruno Mars puis résonne encore Skin and Bones avant que Trouble ferme le set. Le Zenith est survolté et en veut encore. Il parle (un peu) français. Celà suffit à créer de vrais échanges entre deux titres. Mais il n’est pas de rappel possible dans une grosse machinerie comme celle des tournées mondiales. Alors les fans se consolent en se ruant sur l’album (vendu dans les travées les soirs de concerts) et en cherchant à l’approcher avant de quitter la salle pour un désormais incontournable selfie.  En allant sur Itunes aussi : après le concert nantais, « Room for light » poursuivait son ascension vers les très hauts sommets.

A bientôt 28 ans, Ryan Keen est un drôle de mix entre enthousiasme joyeux et lucidité perfectionniste. Les sirènes de la gloire ne le détourneront sans doute jamais du chemin auquel il aspire et ce n’est pas le fait qu’il soit devenu un ami qui fausse notre regard : sûr,  il restera toujours ce type incroyablement doué pour la guitare, ce gars du Devon à la voix chaude, authentique, loin de toute frime. Et peu importe si au fil du temps l’auditoire ne cesse de grossir. Il travaillera toujours et encore. « Il faut ça. C’est important. On travaille. On cherche. On travaille encore. »

Une courte pause outre-Manche et le 12 février, il repartira à la conquête du public. République Tchèque, Lettonie, Lituanie, Pologne, Estonie… D’autres dates en solo ensuite, un écart par l’Australie le temps d’un festival cet été. Il tâchera aussi de trouver du temps afin de boucler les titres de son deuxième album. Enregistrement  peut-être dans les chaleurs de Los Angeles.

Quand un ami se présente devant une petite assemblée, on partage sa tension, on s’inquiète de la qualité de l’auditoire. Quand il est acclamé par neuf mille personnes, on devine son bonheur. Et comme il le met en partage, on ne peut qu’être ému. Ryan Keen, retenez bien ce nom!

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

Télécharger Room for light sur Itunes: https://itunes.apple.com/fr/album/room-for-light/id808224761

http://www.ryankeen.co.uk // https://twitter.com/RyanKeen // https://www.facebook.com/ryankeenuk?fref=ts 

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