L’Olympia ovationne Passenger!

Il y a deux ans, Passenger séduisait le Trianon, le temps d’une première partie offerte par Ed Sheeran. Un an plus tard, il assurait seul au Bataclan. Ce 29 octobre, c’est l’Olympia qu’il a enflammé. Si les amours partagées sont les plus belles, alors ce concert là restera dans les mémoires.

Son succès n’en finit pas de grossir partout dans le monde mais Passenger ne change pas. Il débarque sur scène avec la même simplicité, l’air de dire : « Ah vous êtes là? Ok, cool. On va faire un peu de musique alors! » Et déjà il lance ses premiers accords. Il n’en faut pas davantage pour déclencher les applaudissements enthousiastes d’un Olympia plein à craquer. Des « We love you » fusent de la fosse. Il sourit. Complice, heureux mais pas dupe de ce succès qui a provoqué un tourbillon dans sa vie, par la seule grâce d’un titre devenu un tube planétaire. « Let her go » a fait de lui l’artiste le plus joué en Europe à la radio l’an dernier. Plus de 100.000 singles ont été vendus en France l’an dernier. De l’Australie aux Etats Unis, il est ultra sollicité, les disques d’or n’en finissent pas de pleuvoir… Mais il garde la tête froide. Pas envie de se perdre dans ces traverses. L’expérience sans doute, l’âge aussi peut être. Car avant ce succès, Mike Rosenberg faisait déjà de la musique au sein d’un groupe, Passenger. Quand la vie a séparé, il a choisi de conserver ce nom de scène et de poursuivre, dans le seul espoir de pouvoir vivre, même modestement, de ses chansons et de sa guitare… Et des concerts dans la rue, il en a donné avant de se retrouver en haut de l’affiche.

Après sa première tournée mondiale (qui l’avait conduit deux fois à Paris, au Trabendo puis au Bataclan), Passenger avait eu besoin de souffler et de se mettre en retrait. Retrait relatif car il avait profité de sa pause australienne pour mettre en boite « Whispers », son dernier opus, réunion de onze titres qu’il interprétait sur scène depuis plusieurs mois.

« Préfacé » par de longues anecdotes, ces refrains étaient tous au programme de cette escale parisienne. La setlist avait été composée avec soin, alternance de chansons plus énergiques comme « Life’s for the living », « The wrong direction » et reprise totalement réussie de la cultissime « Sound of Silence » de Simon and Garfunkel ou bien encore la si émouvante « Riding to New York », récit authentique de sa rencontre avec un vieil homme atteint d’un cancer du poumon incurable et qui s’offre en ultime ballade, une traversée des Etats-Unis sur sa moto. Le public est suspendu à ses mots, la guitare promène le chagrin.

Une heure et demi plus tard, les spectateurs sont debout et en réclament encore. Il revient avec « The Once » (un trio canadien qui avait livré en première partie un folk joyeux, brillant et sacrément péchu!) pour reprendre « Start a fire ». Deux autres titres et puis cette fois, il s’en ira. Malgré les applaudissements qui ne s’interrompent pas.

En juin 2013, il remplissait tout juste le Trabendo et se déplaçait avec son seul manager… lequel assurait même sa première partie. Cette fois, Passenger a eu droit à de vraies lumières, des projections qui rappellaient l’album et que l’on aurait dites extraites d’un imagier enfantin. Il y a des succès qui égratignent. Mike Rosenberg semble avoir le cuir dur et l’émerveillement solide. 

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

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