Le nouvel album d’Al Delort se consume avec délectation.

Six ans après « Convoi exceptionnel », Al Delort peaufine les derniers accords de « Nicotine », son troisième opus. Un album qui va surprendre. Plus rock, plus électrique. Libre. Enfin!

L’automne a la couleur estivale dans ce petit coin de paradis, niché entre Toulouse et les Pyrénées. Des chevaux, une vue à couper le souffle, quelques maisons dispersées dans le domaine. Et dans l’une de ces habitations, insolite, un studio d’enregistrement dernier cri. C’est dans ce lieu incroyable, qu’ Al Delort met en boîte quelques uns des titres de son futur album.

Pour qui croirait aux pieds de nez du destin, comment ne pas voir de jolis présages dans la découverte, cet été, de ce lieu pas comme les autres qui a à sa tête… Bruno Mylonas, l’un des plus grands ingénieurs du son français (Vanessa Paradis, Michel Sardou, Michel Polnareff, Bernard Lavilliers, Yannick Noah…) De quoi séduire et rassurer celui qui s’apprête à livrer un troisième album.

Et justement, ça bosse. Si l’humeur est concentrée, elle est aussi joyeuse car « Nicotine », le titre qui donnera son nom à l’album, vient de trouver sa meilleure patine. On en connaissait une première version depuis quelques semaines. Celle-ci efface toutes les précédentes. Musicalement, la différence est nette. Même constat pour « La reine blanche ». A l’évidence, les cordes électriques subliment les amours historiques ! Quand une Fender 64 se pose sur les mots toujours aussi finement taillés, c’est une douceur supplémentaire qui les enveloppe. Al Delort s’autorise enfin à mettre de l’électrique dans ses partitions et ça sonne incroyablement bien. Bruno Molynas partage d’ailleurs cet enthousiasme. « Il faut avoir la vision du but. S’autoriser à viser ce but là car à la fin, il ne doit pas y avoir de frustration. Un disque réussi, c’est quand une fois passée l’écoute, on se dit « Yes!! C’est exactement ça! »

C’est sans doute pour toutes ces raisons qu’Al Delort se lâche! Ou plutôt, qu’il ne se censure plus. « Avant, je pensais que les mots étaient plus importants, que la voix restait à leur service et que la guitare pouvait rester acoustique. Aujourd’hui, à ce moment de ma vie et de mon parcours, je me dis que j’ai le droit de me faire plaisir. Ca peut surprendre. Ca va étonner ceux qui me suivent depuis le début. Mais je joue de la guitare depuis plus de quarante ans alors il était temps de montrer que j’aimais celles-là aussi, non ? » Une question lancée dans un sourire mais où transperce malgré tout une forme d’angoisse. Pas facile de se lancer dans cette nouvelle aventure alors que l’on sait la fragilité du disque, les aléas d’un métier où la solidarité n’est pas toujours de mise, où exister surtout est compliqué. Se faire un nom. D’ailleurs AL retrouve son nom de famille et le reprend pour aborder ce virage. Se faire un prénom… Un challenge supplémentaire désormais lui qui se plait à dire qu’il est un « père de » (Louis, en l’occurence, artiste époustouflant qui vient de sortir son premier album avec ses amis des Sheperds). Mais il y croit. Et il a raison!

Les chanceux qui ont eu le privilège d’écouter les titres finis ne peuvent que partager son envie. Thibaud Couturier (auteur-compositeur-interprète, complice des mots de Vassiliu et de Mickaël Jones, première partie des tournées de Maurane, Kaas, Le Forestier..), venu partager cette aventure et distiller ses conseils autant que son amitié (il connait Bruno Molynas et Al Delort depuis très longtemps) ne pensait pas que les enregistrements se passeraient si vite. Il ne cache pas son admiration. « Al écrit superbement et super vite. Quand on lui suggère un mot plutôt qu’un autre, il ne s’offusque pas. Il est très à l’écoute. Pour la musique, c’est pareil. L’un a l’idée du violoncelle, l’autre d’une guimbarde… On cherche ensemble et ça avance au delà des espérances. L’objectif des huit titres enregistrés en quatre jours devrait être atteint. Et ce qui est prêt envoie. Sincèrement, il s’annonce magnifique cet album! »

Désormais de retour dans ses terres, Al Delort met la dernière main aux refrains qui restent à habiller. L’enregistrement devrait avoir lieu dans les semaines à venir du côté de Lyon, ce qui permettra la présence de musiciens avec lesquels il a l’habitude de jouer. Si tout va bien, peut-être pourra t’il aussi bénéficier de la présence d’un batteur de très grand renom sur l’un des titres. Et de la virtuosité de Théo et Valentin Ceccaldi pour les partitions de violons et violoncelles.

Le moment est fragile car encore à la création. Et aux doutes. Mais le moment est émouvant surtout car Al Delort joue sans masque et s’apprête à livrer enfin le disque abouti auquel il n’avait encore jamais osé croire. Porté par deux complices professionnels uniques qui l’ont poussé vers sa liberté.

Magali MICHEL. 

(N’en déplaise à sa discrétion, il existe sur Kiss Kiss Bank une possibilité de soutien à Al Delort. Les petits fleuves font parfois de belles rivières musicales…)

 http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/al-delort-nouvel-album–2 // https://soundcloud.com/al-delort

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