Louis Delort & The Sheperds jouent Trianon gagnant.

Moins de quatre mois après leur concert sold-out à la Cigale, Louis Delort et The Sheperds repassaient par Paris. Un choix audacieux lorsqu’on sait que la tournée avait du être partiellement reportée en raison du retard pris par leur premier album (dans les bacs le 20 octobre). Mais il n’existe visiblement pas de citadelle imprenable pour ces six là qui ont assuré comme si le Trianon avait été plein à craquer. Avec en bonus, une couleur rock de plus en plus marquée.

Une nouvelle date à Paris si peu de temps après un baptême du feu triomphal le 27 Juin dernier? Et dans une salle plus grande de surcroît ? En signant pour ce Trianon, TS Prod, qui gère la tournée, devait bien sûr miser sur le support du premier album mais l’idée n’en restait pas moins audacieuse. A hauts risques même une fois acquise la certitude que ce premier opus ne serait disponible que dix jours… après le concert. Mais impossible de reculer et reporter ici aussi. De quoi expliquer alors le léger mou dans la billetterie et cette salle magnifique qui aurait pu être plus remplie encore.

Il n’empêche! Loin de ces considérations comptables, tout à leur joie (leur légitime fierté aussi sans doute) de ce premier passage au Trianon, les six musiciens n’ont boudé ni leur plaisir, ni leur énergie. Dans une mise en scène à peine revue mais subtilement corrigée, où les éclairages notamment ont progressé en clarté, moins aveuglants et plus inventifs, le concert y a gagné en élégance et en maturité.

Après avoir laissé « La rumeur » et « Saint-Exupéry » ouvrir la soirée, la très survoltée « M’appelle pas chéri » a définitivement installé l’ambiance (à souligner au passage l’abandon des lunettes de soleil dont tous se paraient ces derniers temps. Débarrassés de cet accessoire drôle mais un peu loufoque et décalé par rapport au texte, l’interprétation a augmenté en conviction). Il n’en fallait pas davantage pour que le public se lève et se mette à l’unisson de l’énergie déployée sur scène. Les fans (qui regrettaient unanimement la configuration assise, envisageant avant le début du concert que les personnes tenant à s’asseoir se répartissent entre les deux balcons… les autres restant toutes debout devant leurs places) attendaient ce feu vert implicite pour laisser éclater leur enthousiasme. Il ne s’est jamais démenti ensuite.

Entre morceaux tendres (« L’ombre », « Emmène moi », « When I fell in love » ou bien encore la si émouvante « Sentinelle » écrite en collaboration avec Al Delort, le père de Louis, que le jeune homme a tenu à associer à ce moment et pour lequel il a demandé un peu plus d’attention car « cette chanson ne se crie pas, elle se chante ») et plages survitaminées (« Mon corps à la chance »), Louis Delort et The Sheperds ont gagné leur pari et réussi à faire de ce Trianon un concert unique. « Nos retrouvailles », « Sur ma peau », tube de « 1789, les amants de la Bastille » comme « Outre-Manche », le second et dernier extrait en date de l’album, ont filé trop vite et dans les rangs, il était clair qu’on en aurait bien repris encore!

La setlist, parfaitement composée de dix neuf titres, a révélé quelques surprises comme « Dear Jim », composition plus ancienne des Sheperds, beaucoup plus rock, une couleur qui leur va décidément sacrément bien et qu’il serait dommage de ne pas explorer davantage. Louis Delort a le talent et déjà cette incroyable maturité qui lui permet de tout chanter. Jean-Etienne Maillard (guitare) voyage allègrement du côté de ces riffs là, Lucas Goudard (batterie) et Victorien Berger (basse) ne sont pas en reste. Sur scène, ces notes rock éclatent avec bonheur. Ne pas oublier non plus Théo et Valentin Ceccaldi, dont la virtuosité au violon et au violoncelle, impose le respect. En milieu de concert, les quelques minutes laissées à eux et à eux seuls sont à couper le souffle. La présence de ces deux figures du jazz actuels parmi les Sheperds est vraiment un coup de génie et l’atout charme supplémentaire.

La tournée n’en est qu’à ses débuts. Mais il est clair que ce concert là fera date et qu’il y aura un avant et un après Trianon. Souhaitons à Louis Delort et The Sheperds de rester sur cette voie royale.

Magali MICHEL.

(Il ne serait pas juste d’oublier de citer Selim – Joseph Chédid à la ville – qui a réussi à entrouvrir la porte de son univers unique l’espace de quelques titres, en première partie de soirée. Paranoïa, le clip réalisé par sa soeur Emilie, vient d’être dévoilé et démontre combien la tribu Chédid n’en finit plus de produire des artistes aux palettes si différentes. Une belle découverte.)

– L’album, dont la sortie est fixée au 20 octobre, est déjà disponible en pré-commande sur Itunes. –

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