Premier festival triomphal pour Louis Delort & The Sheperds!

Louis Delort et The Sheperds étaient au programme de cette nouvelle édition du Festival de Poupet. Une heure trente de concert enthousiasmant et d’émotions partagées.

On les avait quittés un mercredi ensoleillé de Février. Ultime étape des concerts sauvages, dans la magnifique cour de la Compagnie-Théatre de Nantes. Les cinq titres sonnaient déjà magnifiques. Accord parfait entre la voix chaude et puissante de Louis Delort, les cordes de Théo et Valentin Ceccaldi, la guitare de Jean-Etienne Maillard et les percussions de Lucas Goudard. Entente visible et complicité sans faux semblant parmi les troupes.

On attendait alors avec impatience de voir ce que l’album, encore en gestation, pourrait donner. Même chose pour les concerts. Dopés à l’énergie et à l’envie, forcément. Mais quelles couleurs, quel habillage pour les textes que nous ne connaissions que partiellement. On avait eu quelques échos (largement positifs) du concert qui avait suivi la résidence Lilloise. On avait du renoncer à la Cigale, le 27 Juin, étape symbolique car première date parisienne, pour concurrence déloyale avec un autre groupe qui jouait au Stade de France. Sur le papier, ça fait moche ! En vérité, loin de là car les premières dates d’une tournée débroussaillent souvent le chemin et ce n’est pas dans le drôle de mixt stress-euphorie que se dessinent les meilleures soirées. Quand vient trop de potes, trop de vrais faux amis aussi souvent, ceux là même qui ne diront pas forcément les deux ou trois détails à revoir. Même s’il faut bien reconnaître que ce passage à la Cigale a fait l’unanimité, accueil formidable du public et échos impressionnés de la critique. Et fait naître chez nous quelques regrets.

La tournée ayant été réorganisée et quelques dates reportées , rendez-vous était enfin pris ce 15 juillet où Louis Delort et The Sheperds (au complet depuis le retour de Victorien Berger à la basse) étaient programmés dans le cadre du Festival de Poupet. Un théâtre de verdure magnifique, au cœur du bocage vendéen, près de 5.000 personnes chaque soir et surtout une manifestation presque trentenaire, devenue une étape incontournable des plus grandes tournées. La veille, Placebo faisait exploser l’ambiance. Vanessa Paradis succéderait le lendemain. Et personne n’avait oublié les sets de Ben Harper, Hallyday ou Noah lors des éditions précédentes.

Certains auraient été impressionnés par ce vécu, par ces milliers de personnes qui seraient là pour eux dans quelques heures…. mais aussi quand même un peu pour Christophe Maé, tête d’affiche de la soirée! Certains… mais pas eux qui affichent leur bonne humeur avec constance. Les balances auraient de toutes façons dissipées les dernières traces d’éventuelles angoisses. Utilisées sans temps mort, elles avaient permis de vérifier que tout était en place. Surtout, elles avaient levé un coin du voile. Ne pas se fier à leur jeunesse et à leurs gueules d’ange, cette bande là allait envoyer du lourd.

La preuve à 20h pétantes, quand « La Rumeur » ouvre le concert. Installé au piano, Louis Delort chante avec la fougue convaincante de celui qui veut faire passer le message jusque dans les rangs les plus éloignés. Il ne se laisse aucun répit. Les fans (nombreuses) exultent. Le public qui ne le connaissait qu’au travers de The Voice ou de « 1789 » reste scotché par ce jeune homme en chemise noire qui a le sourire si cool entre deux titres mais dont les chansons ressemblent à des cris déchirés. « Saint-Exupéry » est sublimée par le duo violon-violoncelle. « M’appelle pas chéri » est taillée pour la scène. S’appuyant sur sa facilité naturelle à jouer, Louis Delort entonne les paroles et distille ses désillusions en regardant le public comme si c’était lui, cette autre qui l’avait mis dans cet état là. Il arpente la scène, serre les poings. On le dirait vieux briscard de la chanson, le type qui aurait une vingtaine d’Olympia au compteur. Entre deux applaudissements, les commentaires fusent. « Tu connaissais ? qu’est ce que c’est beau ! Quelle voix! Quels musiciens!! » Les ados dont les mères échangent ces propos ont le sourire. Elles, elles connaissaient! Ensuite, forcément, quand surgissent les premiers accords de « Sur ma peau », c’est tout le théâtre de verdure qui se met à chanter, chorale d’un soir vibrant pour les Sheperds. Et Louis Delort en chef de choeur au sourire communicatif.

Il se faufile parmi les musiciens, joue avec Lucas Goudard, assis sur le cube à percussions. « Château de sable », livrée dans son joli écrin acoustique précède « Outre-Manche » qui a tout du tube en devenir. Le texte, succession de jeux de mots pertinents et joyeux, s’accroche aux mémoires grâce à une musique qui invite à chanter.

Les titres s’enchaînent. La voix se joue des difficultés. Dans les graves comme dans les notes beaucoup plus hautes, oscillant entre douceur et puissance, Louis Delort se donne à fond. La setlist a parfaitement distribué les émotions. Après une incroyable version de « Je suis là » croisée avec « Hey Jude » des Beatles, où les musiciens laissent exploser leurs talents dans un plaisir évident, « La sentinelle » réussit à imposer son émotion. Les mots font silence. Louis Delort à la guitare, Jean-Etienne Maillard et Théo Ceccaldi en choristes. Bouleversant.

Après une heure de concert, le public n’a pas envie de les voir partir. « Sans retour » la bien nommée fermera pourtant la soirée, ultime envoi impressionnant d’énergie. Jusqu’au bout, jouer et convaincre. Puis sortir sous de longues minutes d’applaudissements.

Quand d’autres se perdent dans des chansons kleenex, voix modifiée reprenant des textes insipides, généralement en anglais, sans doute pour mieux cacher l’immensité du vide, Louis Delort a eu le bon goût de n’écouter que ses envies, son amour des textes bien faits et des belles musiques. Généreux, il refuse d’être le seul à capter la lumière et partage véritablement la scène avec son groupe. Il prend son temps comme un artisan peaufine ses pièces pour ne livrer que de la belle ouvrage. Et tant pis au fond si ce rythme n’est pas celui de la frénésie habituelle du monde de la musique. Puisque ça fonctionne si bien ainsi. Puisque c’est déjà solide et que le public en redemande.

Le premier disque de Louis Delort et The Sheperds sortira à l’automne. L’heure aussi de reprendre la tournée (Avec notamment le Trianon à Paris le 9 Octobre). Aucune crainte, ces gars là ignorent les contre-sens et filent sur la route du succès.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

compas (3)

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