L’attraction 1975.

Pour sa dixième édition, le Main Square Festival avait offert la Green Room aux anglais de The 1975. Décoiffant.

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Les musiciens se sont installés. L’un après l’autre. Puis Matthew Healy, chanteur, guitariste et charismatique leader du groupe est arrivé. Silhouette archi fine dans son slim troué, son perfecto sur chemise de soie généreusement ouverte… ce qui déclenche l’hystérie des fans féminines de cette jeune formation, née sur les confins de Manchester. « Matty!!! » Ca hurle sévère, ça rit du côté d’un duo anglais qui agite des pancartes. « You look so cool ».

Cool incontestablement, il essaie d’en donner l’image. Il pose son paquet de cigarettes. Dépose délicatement la bouteille de Bordeaux, complice insolite de cette soirée. Et cherche discrètement d’où monte l’interpellation. Mais déjà résonnent les premières notes de « The City », l’un de leurs plus gros succès. Le concert de The 1975 est lancé. C’est parti pour une heure de rock indé, bien dans l’air du temps et pourtant, avec une mélancolie inédite derrière les riffs.

Vingt cinq ans de moyenne d’âge, se connaissant depuis le collège et plaquant des accords sur des covers bien ficelées avant de se lancer dans l’aventure de la composition, les 1975 bénéficient d’une large couverture médiatique depuis que leur premier album éponyme, sorti en septembre 2013 (co-produit par Mike Crossey, qui avait précédemment travaillé avec les Arctic Monkeys), truste les meilleures places des charts britanniques.

Se reconnaissant une influence multiple, de Prince à My Bloody Valentine en passant par Brian Eno et Peter Gabriel, ils essaient malgré tout de livrer leurs propres couleurs, avec des thèmes abordés sans concession : la drogue, le sexe, l’amour, la mort, l’espoir aussi malgré tout. Car il existe bien une part sombre dans ces morceaux là, que le décor, sobrement composé d’un grand encadrement blanc sur fond noir, parfaitement esthétique, reflète subtilement. Et à bien y regarder, il n’est pas si cool que ça Matthew Healy qui a besoin d’en griller des cigarettes et de régulièrement avaler quelques gorgées de Bordeaux. Comme si le trac devait se chasser grâce à ça. Comme s’il lui fallait ces deux béquilles pour tenir la scène devant ces milliers de spectateurs qui ne regardent que lui.

Il devrait pourtant être rassuré par le succès de ses prestations précédentes. Une première présence au Coachella Festival, des premières parties de Muse, The Neighbourhood et même des Rolling Stones à Hyde Park en juillet 2013. Sans parler des tournées quasiment toutes à guichets fermés dans tout le Royaume Uni, l’Amérique du Nord, l’Europe et même l’Australie. Depuis la sortie de ce premier album, après quatre EPs qui avaient bien amorcé la voie, le parcours du groupe ne connait pas d’embûche.

Il n’en connaîtra pas davantage ce soir. Sa voix si particulière sait capter l’auditoire. Le public est réceptif et la setlist, parfaite, joue entre émotions et énergie. « Milk », « Money », « So Far », tous les succès sont là, sans oublier les incontournables tubes, « Girls », « Chocolate » et « Sex » qui bouclent le concert sous un tonnerre d’applaudissements. The 1975 maîtrise parfaitement l’art de la scène. Manquaient juste davantage d’échanges qui auraient rendu la relation plus forte encore avec le public. Mais sous ses allures de bad boy, le leader de The 1975 est finalement bien plus tendre qu’il n’y parait. La tournée européenne qui se poursuit à l’automne et passera par la France finira peut être par le convaincre de sa légitimité.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

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