Hellfest 2014! Vis ma vie de « presque » festivalière.

Du 20 au 22 Juin, le Hellfest a battu tous les records. Près de 150.000 festivaliers (46.000 par jour exactement) pour cet incontournable européen du métal, une neuvième édition riche en nouveautés et une programmation de très haut vol. Trente hectares d’enfer et de bonheur(s).

D’abord, il y a l’attente. Sans doute parce que le Fest se mérite !! Près de deux heures au lieu des quarante minutes requises pour le trajet Nantes-Clisson. Parce que devant, en voitures chargées de tout le nécessaire de camping, en vans professionnels provisoirement réaménagés en camping-car, à moto au milieu de quelques rares véhicules égarés sur ce parcours menant au sanctuaire métal, la file est longue. Interminable. Alors certains festivaliers, quechua sur l’épaule, pack de bières dans les bras, lassés de ne pouvoir avancer plus vite finissent par jeter leur voiture dans le premier bout de champs venu et bouclent la route à pied. Il n’est que 10 heures. Encore de la marge avant les japonais de Crossfaith, programmés à 12h15 sur la Mainstage 1.

Victoire ! Garés!! On l’a cette f.. place. On ne dira pas où car on risquerait de se la faire voler l’année prochaine mais pour l’heure, c’est juste parfait. On serait même prêt à embrasser le premier vigile venu tellement on est content. Encore une bonne dizaine de minutes de marche et on y sera. La température flirte avec les 30 degrés. On ne risque pas de se perdre en suivant le balisage laissé par les gentils métalleux, canettes, barquettes de frites, emballages divers. Les gars, ce n’est pas très écolo ça. Il y a des dizaines de poubelles entre rues et Hellfest. Même un peu fatigués, çà serait cool de tenter le panier, surtout en cette période où les opposants à la manifestation s’emparent du moindre prétexte pour prouver que l’enfer a rendez-vous à Clisson.

Echange des billets contre la pose des bracelets trois jours. L’organisation est rodée, aucune minute de perdue. 10h50. Toujours de la marge.

Première surprise. Après ces premières barrières, une place sur enrobé, le « Hellcity Square Borough of Clisson ». Ceux qui ronchonnent en y voyant une déclinaison de Disneyland n’ont jamais posé leurs Docks dans les artères de Camden et on ne peut que leur conseiller de sauter dans le premier Eurostar pour fouler le bitume londonien de ce temple marchand du rock. Le Hellfest a joué grand et beau. Cette place, porteuse également de sa part d’ombre bienvenue, est une totale réussite et redistribue parfaitement les cartes de l’Extrême Market. Seul bémol à laisser définitivement dans les cartons l’an prochain, la passerelle. Sa quarantaine de marches métalliques (c’est raccord mais çà sonne fatigue et gros ras le bol après dix passages en fin de journée), la montée mais aussi la descente (au final, c’est sans doute logique)… Ben Barbaud si tu as un minimum pitié de nos énergies surtout quand le temps est caniculaire et le corps épuisé sans même avoir tenté le circle pit, oublie! On traversera parfaitement à pied la petite route bitumée que ce hell bridge enjambe. Et on sera encore plus facilement attiré par le point rechargement des batteries de téléphone (super idée), ces marques qui font stands à part et ces restaurants un peu à l’écart mais plus au calme. Franchement !!

Pas le temps de trop s’arrêter cependant. Des groupes entiers de festivaliers se dirigent vers la « cathédrale », la véritable entrée, le lieu de fouille des sacs avant de pouvoir enfin rejoindre les différentes scènes. Horreur! Des têtes à perte de vue. Des tas de files réunies dans une énorme marée humaine qui n’avance pas. Pas vite en tous cas. On ne peut pas en vouloir à la sécurité de sécuriser mais bon sang ce que c’est long… Ça permet de créer des liens, ça suscite le contact, on rit de blagues plus ou moins bonnes, on ne s’étonne déjà plus des rots que provoque la bière, on se dit aussi que la première zone d’ombre sera la bienvenue pour se poser et écouter.. Mais ça bloque toujours. Le vent, le fourbe, ne trouve même pas le moyen d’importer les airs attendus. Juste de la poussière. A haute, très haute dose. Et lorsqu’enfin le Eastpack a été tâté, qu’un « bonne journée » a été lancé à la hâte à la bénévole préposée à la fouille, que les derniers mètres séparant de la scène ont été parcourus… c’est pour voir disparaître les têtes orange, peroxydée ou brunes de nos japonais. C’est peu de dire que l’on rit jaune.

Histoire de ne pas se laisser abattre dès les premières heures du premier jour, on file vers le Merch. Une cinquantaine de personnes en attente du tee shirt collector de l’édition. Entre autres. L’an dernier, avec la même affluence, il avait fallu une heure. Puisque le site entier a été amélioré, redécoré, mis en valeur, puisque la grande roue n’en finit pas de faire tourner les têtes, on se dit que ce point névralgique et incontournable a du connaître lui aussi sa valeur ajoutée. Et bien non! Deux heures et demi de propos mi figue mi colère plus tard, flanqués d’un joli coup de soleil frontal, à peine rafraîchis par un programme devenu éventail, on peut enfin passer commande. Incroyable! On dirait un mirage! Pour faire patienter et calmer les ronchons, quelques crayons et médiators avaient été lancés avec la précision de la caravane publicitaire du Tour de France. Sauf que nous, on n’était pas dopé! Et que deux heures trente soient cent-cinquante minutes à stagner sur deux mètres en plein cagnard, çà rajoute à la fatigue d’avant la fouille et franchement, ce n’est pas cool. Vu le nombre de bénévoles, en glisser quelques autres au Merch serait top. A défaut, on veut bien aider. Et même qu’en échange on ne demandera même pas à avoir un tee-shirt.

15 heures. Cette fois, les tentes doivent être montées et le ravitaillement rangé car devant les immenses Mainstage, ça devient serré. Et le nuage de poussière si dense qu’il est parfois difficile de deviner le groupe qui officie. Cet espace là aussi a été remanié. Une seule tour pour le son et les lights, la passerelle pour les personnes à mobilité réduite déplacée sur la gauche et un immense écran à l’arrière de la tour technique justement qui permet à ceux qui préfèrent rester en dehors de la foule de profiter presque tranquillement (au milieu de 45.000 headbangers quand même) d’une programmation exceptionnelle. Car les organisateurs ont mitonné du très lourd pour cette neuvième édition. Iron Maiden, Status Quo, Deep Purple, Aerosmith, Black Sabbath mais aussi Megadeth, Dagoba, We came as Romans ou bien encore Powerwolf, le curseur a été placé très haut. De quoi laisser dire dans les travées que pour célébrer ses dix ans l’an prochain, le Fest ne pouvait faire autrement que d’accueillir Métallica, Les Stones, ACDC… Mais bien sûr! Et même les trois, un pour chaque soir. Et peut-être même sans augmentation du pass un ou trois jours!! Halte à la surenchère. Des surprises, il y en aura forcément mais l’équipe est suffisamment comptable pour ne pas griller sa programmation d’une édition sur un seul concert. Et sauf à maîtriser le secret de la multiplication des pains…

                                                                                                                                            Status Quo.

 

17 heures. Après une visite presque complète du site, une escale dans la Valley, une autre dans la Warzone et une dernière sous la Altar, une hésitation puis finalement renonciation devant la Grande Roue (trop grande, trop… roue!), on tente enfin le lot de consolation, la séance de dédicaces de Crossfaith, notre frustration nippone. Bonne pioche. Ils sont presque tous là sauf le claviériste et prennent gentiment la pause, ce qui interpelle le chanteur de Satan, sexa qui a du être sexy mais qui a un peu trop forcé sur le Belle Color pour l’être resté, et qui observe ce défilé en attendant ses fans. Pas de panique. Il en est venu. Quelques uns…

Tatsuya Amano, Hiroki Ikegawa, Kasuki Tekemura et Kenta Koie (en même temps, ils sont japonais!) signent des autographes par dizaines et prennent le temps d’un court échange malgré les signes qui les incitent à accélérer le rythme. Zen (forcément!), les comparses de ce groupe d’électro métal fondé à Osaka voilà huit ans remplissent des stades entiers au Japon. En Europe, grâce notamment à une reprise de « Omen » de Prodigy, ils commencent à se faire connaître mais le chemin sera encore long. Alors ils le vivent avec un amusement visible, une humilité assez rare et une disponibilité à donner des leçons à tous ceux qui se la jouent après avoir vendu une centaine d’albums dont quatre-vingts à la famille. Crossfaith… On n’a peut-être pas vu ce que ça donnait sur scène mais en dehors, une belle rencontre. Arigato les guys ! (ça, c’est parce qu’on les a interrogés en anglais alors forcément, ça se bouscule encore un peu.) En plus, il fait chaud. Toujours plus chaud! Mais Therapy prend d’assaut la Mainstage 1 alors on attaque le cinquantième litre d’eau de la journée et on y court.

Enfin, le temps d’une escale à la Tartine de l’Enfer. Pas forcément le choix le plus diététique mais celui dont la file d’attente était la plus courte. Trouver une place au milieu de toutes les tablées reste encore facile. On sympathise avec ses voisins. De jeunes polonais d’un côté, des écossais de l’autre, une famille d’Agen en face. On commente les nouveautés, on parle des groupes, on partage nos découvertes, on parle aussi du foot. Forcément. Et on rit. Patchwork social, géographique, vestimentaire, c’est ça aussi le Hellfest. Ce mélange des genres qui reste toujours extrêmement joyeux. Comme si les festivaliers ne formaient qu’une même bande heureuse de se retrouver (pour certains depuis des années) durant ces trois jours dédiés au métal. Un côté familial aussi bizarrement, ce qui est assez rare pour une manifestation de cette ampleur.

Nous revoilà devant Sepultura, Trivium et bien sûr Iron Maiden. Slayer, puisque faute avouée est à moitié pardonnée, qu’il ne nous en veuille pas (on dit ça au cas où les gars auraient noté notre absence), on a du renoncer. Pas en robe mais bien zombie (blague d’apprentie métalleuse), c’eut été trop. Un trajet jusqu’à la voiture à parcourir sur ce qui restait des jambes, un voyage retour pour Nantes histoire de dormir un minimum (en ce sens, nous étions des festivaliers chanceux car sous la quechua dans le camping, le repos est forcément plus compliqué) et déjà demain serait là avec Of Mice and Men dès 11h40… jusqu’à Avenged Sevenfold dont la note de fin sonnerait sur les eaux de 2 heures. Mieux valait donc recharger les batteries. Ne pas oublier non plus de charger au maximum en eau le casier-consigne (autre excellente nouveauté de cette édition) et se dire que l’on attendrait lundi pour dormir. On avait su patienter pour tout le reste, on pourrait bien attendre pour ça aussi. La seule impatience finalement comme tous les ans, celle pour laquelle le temps semblerait réellement long, serait celle imposée avant la prochaine édition. Preuve que le bonheur existe bel et bien en enfer. Christine, si tu nous entends…

Magali MICHEL.

Crédits photos // Seth Stanley.

compas (3)

 

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