David Ban. L’inclassable talent.

Une carte de visite pluridisciplinaire et un CV long comme le bras, David Ban a cueilli les rendez-vous que lui ont offerts les casting dans l’espoir de semer son projet. Il arrive bientôt. L’alpagueur cultive le bonheur. Que la récolte soit bonne!

Pour sa dernière longue apparition, David Ban avait endossé le costume de Danton dans « 1789, les amants de la Bastille », la comédie musicale de Dove Attia et Albert Cohen, mise en scène par Giuliano Peparini. Plus qu’endosser d’ailleurs, il avait donné de l’épaisseur, ajouté à la personnalité de son personnage. Un Danton inédit, dévorant la vie par tous les bouts, amateurs de filles comme de grandes idées, débarquant aux réunions politiques le cheveux en bataille et l’œil reconnaissant.

David Ban, arrivé alors que les personnages principaux avaient déjà été choisis, a bénéficié d’un éclairage médiatique moins important. On le comprend en terme de timing. On ne peut que le regretter du point de vue artistique. « Ce n’est pas très grave. je savais que Giuliano Peparini m’avait voulu et c’était bien plus important pour moi. »

Sa carrière lui permet ce recul. Il connaît les pièges du métier, ses moments de gloire et ses lendemains qui déchantent, cette niaque qu’il faut conserver pour convaincre que ce rôle doit passer par vous. Et vous seul. Quinze ans à squatter les affiches des plus grandes comédies musicales lui ont offert une légitimité : Les demoiselles de Rochefort, Sol en Cirque, la magnifique œuvre de Zazie, Jean-Pierre Léau et Vincent Baguian, Grease (pour laquelle il a reçu un Marius), Hair, La Clique, Il était une fois Joe Dassin, sans oublier la géniale Avenue Q et 1789 (qui a décroché le Globe de Cristal de la meilleure comédie musicale), David Ban était de toutes les aventures. Il jouait collectif mais réussissait toujours à glisser sa pâte dans son personnage.

Aujourd’hui, à l’aise dans ses boots, il ose le grand saut et tente l’aventure solo. Et dans le salon de cet hôtel du 8ème arrondissement (quartier où il vient de préparer le personnage d’une prochaine fiction pour la télé, « un vrai méchant très très méchant. J’adore ! »), il raconte qu’ « aller chercher le public ne lui fait pas peur. Au contraire. Quand on a débuté dans les bars, on sait que rien n’est gagné, que capter l’auditoire sera difficile. Épuisant mais après ça, on est armé. »

Avec un groupe de copains réunis sous le nom de La Pasta, porte étendard du ska festif de Lorraine, il a effectivement mis le feu aux bars puis aux principales salles de la région. Quatre ans d’une aventure aux souvenirs de soirées inoubliables, avec de vrais gros succès. Mais le temps a érodé les envies. Il en est resté pour David Ban l’évidence à poursuivre, un jour, avec des chansons toutes aussi joyeuses, porteuses de cette bonne humeur dont il ne veut pas se déparer mais cachant pas loin derrière leurs petites philosophies . Ses chansons à lui surtout. Il a vécu. Connu les plaies et soigné des bosses. Autant de matériaux qui offrent une densité supplémentaire.

Les premières nées ont été testées lors des concerts sauvages que l’artiste offrait en marge des Amants de la Bastille. Le public a adhéré. Très prolixe sur les réseaux sociaux, David Ban a alors installé son Alpaguer sur la toile. Le chapeau, le maquillage de ce personnage clown-poète-troubadour, la marque est devenue reconnaissable. Comme ses textes. On retient la mélodie joyeuse, on fredonne puis on s’aperçoit de l’intensité des mots. « Différemment différent » est un petit bijou de sensibilité. « Il est elle » est bien raccord avec une actualité récente. Quant à « L’alpaguer », il devrait être décrété tube de l’été. « Mes chansons sont poétiques, festives mais aussi romantiques ou métaphoriques. Surtout, je voulais qu’elles soient positives. Et elles le sont. C’est fondamental que les gens sortent de mes concerts avec le sourire bien accroché. La vie est trop compliquée et triste souvent pour qu’il en soit autrement. »

L’album (composé a priori de treize titres) devrait sortir courant juin. Il y aura toute la palette musicale propre à l’auteur, une jolie place offerte aux cordes également. Pour ne pas connaître les déboires de confrères qui ont du accepter des textes qui ne leur parlaient pas ou chanter sur des musiques sans accord avec leurs rythmes habituels, David Ban a voulu assumer son bébé de A à Z. Sans l’aide d’un producteur gérant le porte feuille et s’autorisant à croire son avis indispensable sur le reste…

Cette liberté, il l’a trouvé sur Oocto, le site participatif. Et il y a explosé les compteurs. Non seulement l’objectif a été rapidement atteint mais il est aujourd’hui à 186% avec pas loin de 22.000 euros sur les 12.000 initialement demandés. Et il reste jusqu’au 14 avril à ceux qui veulent rejoindre la communauté de l’Alpaguer (oocto.com). « C’est un résultat incroyable qui me touche énormément et qui me porte. Grâce à cette manne, je peux financer l’enregistrement. Je peux aussi d’ores et déjà prendre en charge les coûts des premiers concerts (…) Ce n’est pas trop mon truc ces questions d’argent. Mais sur ce site, il existe une notion de contre partie qui me va bien. »

Encore un peu de patience et son disque sera dans les bacs. D’ici là, David Ban, touche à touche surdoué, aura continué sa participation aux concerts de ses potes ex-révolutionnaires, répondu à l’invitation des Restos du Coeur Belge (début mai). Toutes les occasions sont belles quand il s’agit de chanter. Alors si en plus, la cause est belle!

La période des festivals ne va pas tarder. Ça serait vraiment l’occasion idéale pour donner à l’alpaguer ses premières grosses rencontres avec le public. « Rêves de gosses » chante David Ban. D’adulte « au chapeau et à la tête taillée au couteau » aussi, forcément.

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET // Béryl LE GUEN // Sklaerenn LORAND.

Voir aussi: Rive scène, un talent en plus.

http://www.davidban.com // http://www.facebook.com/david.ban.artiste // http://www.twitter.com/zedavidban // http://www.oocto.com/david-ban-lalpagueur.

 

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