Focus… On Ryan Keen.

Ryan Keen était en France pour une date unique le 14 Mars. A quelques jours de la sortie chez nous de son premier album. Et avant, on l’espère, une prochaine tournée hexagonale. Rires. Talent. Gentillesse. Rencontre.

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Quand on a la chance d’exercer ce métier, il y a un moment difficile, celui qui consiste à écrire sur quelqu’un qu’on aime. D’abord parce que, comme par réflexe idiot, les gens n’y voient que du copinage. Du coup, ils ne prêtent qu’une lecture sceptique. Ensuite, parce que l’intéressé lui-même a sans doute ses propres envies, ses exigences aussi parfois, et on a envie de tout sauf de le décevoir. Certains s’abritent alors derrière une sorte d’auto-censure drapée dans les plis de la déontologie et refusent ces papiers là. Aux copains de rédiger et de donner un avis « objectif ». Mais qu’est ce qu’on en a à faire de l’objectivité? Surtout dans le domaine artistique. Un « critique » n’est rien d’autre qu’un journaliste qui a des goûts, des passions, et qui ne les cache pas. Alors oui, j’assume tout le bien que je pense de Ryan Keen! Ce type est un artiste hors pair doublé d’une très belle personne. Et plus je le rencontre, plus je le vois en concert, plus je me dis que j’ai de la chance car je fais vraiment un métier hautement dosé en bonheurs.

La tournée triomphale à travers l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et l’Espagne (en première partie de Tom Odell) s’achevait ce 14 Février par une date à l’Alhambra (Paris). Sold out comme toutes les autres. Pas de quoi stresser. Encore moins se la jouer! Electron libre, Ryan Keen préfère les voyages en solitaire au confort du Tourbus. Non qu’il n’aime pas l’esprit un peu « colo » de ces grands barnums. Mais il veut profiter des paysages, aller à la rencontre des habitants, ne rien laisser s’échapper. Et s’il y a des amis à proximité de sa route, tout faire pour les voir. Ainsi jeudi, après une soirée exceptionnelle à Madrid, il a repris le volant. Direction Hossegor !! Ce coin de Pays Basque où ce fou de surf a enregistré son album (à quelques encablures de là en vérité, à Saint-Jean de Luz, dans les studios Quicksilver), où il aime sortir la planche et faire la fête avec sa bande de potes, des mecs aussi cools que lui. Quelques heures iodées plus tard et le voilà qui aux prémices du jour reprend le chemin de la capitale. Content du moment passé. Heureux de celui à venir.

Vendredi fin d’après-midi. Les balances ont pris un peu de retard en raison d’un souci technique. Il s’excuse. Deux minutes à rajouter encore sur l’heure dite… il prévient à nouveau. Puis il débarque dans un immense sourire. A peine note-ton la fatigue au coin des yeux. Depuis la fin de l’année dernière, il a enchaîné les tournées et joué à saute-moutons avec les continents. Plus d’un mois en Australie. Inoubliable. Sa boîte à souvenirs déborde d’images, de rencontres, de temps exceptionnellement forts. Puis l’Autriche, l’Allemagne, la Pologne et cette autre tournée qui s’achève ce soir.. Mais Munich qui attend après demain et l’Allemagne à nouveau. Dans deux semaines, il pourra profiter d’une courte pause dans son cher Devon. Puis il reprendra la route.

En attendant, il prend le temps de se pencher sur ce premier album sorti voilà quelques mois et qui sera disponible sur l’Itunes français en avril. « Room for light ». Douze chansons, autant d’émotions. La précision du mot dans un habillage musical taillé sur mesure. Le genre d’albums qui vous prend aux tripes et ne vous lâche plus. S’il faut absolument n’en retenir qu’une, ce serait peut-être « When the day breaks ». Un titre qui ressemble tellement à son auteur! Mais comment résister à « Skin and Bones », « Focus », « Trouble ».. Choisir est inutile, ça tombe plutôt bien.

L’entourage professionnel de Passenger ne s’y est pas trompé quand il a décidé de sortir l’album sous son label pour l’Allemagne et d’autres pays européens. Les télés, les radios se l’arrachent désormais. Un succès qui monte progressivement en puissance et qu’il commente avec l’enthousiasme d’un surfer traquant le spot mais la lucidité de celui qui sait aussi que la patience fait partie du jeu.

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Plus qu’une trentaine de minutes avant le concert. La salle est déjà pleine. Toujours aucune trace de stress. Et même cette question : » Une chanson te ferait plaisir? Dis moi… » Décontenancée, on lâche forcément « When the day breaks » mais on aurait pu dire toutes les autres, celles de l’album comme celles figurant sur les EPs, ses covers qu’il a su revisiter au point de faire oublier l’original comme « Stay » de Rihanna.

Il dit OK! Il dit même « merci! » A priori, c’est plutôt à nous de remercier mais on ne va pas s’emmêler les mots dans les subtilités de cette langue qui ne nous est pas maternelle. Alors on la joue petits bras et on continue de l’écouter expliquer que les sept titres chantés chaque soir ne sont pas figés mais choisis au feeling, à l’envie. Les siennes.. et pour ce soir, une petite partie des miennes. Moved. Happy!! Et plus encore lorsque résonnent les premiers accords que ce guitariste surdoué a plaqué sur « When the day breaks » qui ouvre son concert.

Les sept titres vont s’enchaîner devant un public d’abord un peu dissipé (on a beau être habitué, le manque de respect du même aux premières parties est toujours pénible) puis surpris et définitivement conquis quand il reprendra totalement unplugged l’un de ses morceaux. Il fallait oser devant ce parterre composé en majorité de jeunes filles venues pour approcher Tom Odell, l’un des nouvelles coqueluches internationales et plus enclins aux cris enthousiastes qu’à l’écoute attentive.

A la fin du concert, le public ne voulait plus le laisser partir. Avec sa seule guitare, cette voix unique et ces quelques mots de français servis avec humour, Ryan Keen avait encore une fois conquis son auditoire. Tranquillement, il entre dans la lumière. Et même si on trouve ça pleinement mérité, ça rend sacrément heureux. Ryan… ne change pas !!

Magali MICHEL.

Crédits photos // Sophie BRANDET.

Voir aussi: Rive Scène, retour Parisien.

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