ANGELE, DERNIERS PETITS TOURS AVANT DE SE FAIRE LA BELLE

Angèle repassait par Nantes en ce début février. Un concert impressionnant dans un zénith plein à craquer devenu chorale d’un soir. 

Il y a deux ans, encore quasiment inconnue du public français, Angèle se glissait dans la programmation du Printemps de Bourges et laissait le public bouche bée. « Retiens son nom ! Dans les mois qui viennent, elle va exploser ! Tu verras, le pari est sans risque, » assuraient les connaisseurs. Le pari semblait effectivement sans risque… Il n’a pas fallu longtemps à la jeune belge pour enchaîner les concerts dans des salles de plus en plus grandes, se produire devant les dizaines de milliers de spectateurs des festivals et faire de son premier album un succès commercial comme on en voit peu.

De vidéos souvent déjantées sur Instagram à cette série de concerts à l’AccorHotels Arena de Paris (Bercy) sold out depuis des mois, qu’il est incroyable ce parcours. Il paraitrait presque loin ce fameux concert au Printemps de Bourges quand on la voit en ce soir du 6 février sur la scène du Zénith de Nantes (où la salle en capacité maximale, 9.000 places, aurait pu accueillir trois fois plus de fans). 

Accompagnée par six danseuses hip-hop, Angèle a tout d’une performeuse qui ferait le show depuis des lustres. Une aisance évidente, des regards complices avec le public. Elle se glisse toujours derrière son piano, montrant là aussi qu’elle a appris les gammes dans les meilleurs conservatoires de Bruxelles (elle pourrait largement donner des concerts sur sa seule interprétation des meilleurs morceaux jazzy) mais elle sait aussi que le show a besoin d’autre chose, d’une scénographie originale sur laquelle là encore elle fera la différence.

Alors même ceux qui ne sont toujours pas conquis ne peuvent le nier, coté spectacle, Angèle ne mégote pas. Les décors ont grossi au fur et à mesure que les salles prenaient de l’ampleur. Pas une question de taille mais d’originalité. Angèle est aussi jolie qu’elle est fine mais elle arpente la scène avec l’énergie d’une marathonienne. Les chorégraphies sont modernes (parfois surprenantes), elle se fond parmi les six danseuses sans faux pas. Et la set list, vingt titres, tous des tubes, de « La Thune » à « J’ai vu », en passant par « La loi de Murphy », « Jalousie », « Balance ton quoi », « Flou », Tout oublier » , « Perdus » (rien que des tubes on vous dit !) transforme la salle en immense karaoké. Presque trop même pourrait-on dire car plus de la moitié du temps, c’est cette chorale d’un soir que l’on entend bien plus que l’artiste. Mais là est sans doute la rançon d’un succès aussi phénoménal que récent. 

Dans quelques jours, Angèle disparaitra puis reviendra le temps de quelques petits tours dans les principaux festivals de l’été. Puis elle s’éclipsera à nouveau pour une durée indéterminée le temps de composer son prochain opus. Le temps de vivre pour elle aussi sans doute et de ne pas se laisser happer par ce tourbillon. Le temps peut être également de laisser reposer son histoire et, en toute intelligence, comprendre que la surmédiatisation pourrait aussi finir par jouer contre elle. Ne pas risquer le « trop », écrire son album tranquillement, loin des regards. Et créer le manque.

« Brol » a été auréolé de tous les ors et platines. Le second connaitra t’il la même histoire ? Réponse dans quelque mois. En attendant, cette courte mais exceptionnelle success story, la plus incroyable des histoires belges, poursuit sa route.

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

PHOTO REPORT: Swing, une première partie qui balance

Plus connu comme membre du groupe de Rap bruxellois « L’or Du Commun », Swing est aujourd’hui un artiste à part entière. Après un premier album, le jeune belge vient de sortir un EP, « ALT-F4 » et s’est offert par la même occasion un duo avec Angèle. On connaissait déjà la Belgique comme source de talents intarissable avec Roméo Elvis, Angèle, Damso, ou encore Caballero & JeanJass… Simon Zuyten à l’état civil, prouve qu’il est de la même veine. Invité par la chanteuse de « La Loi de Murphy » à assurer sa première partie pour quelques Zéniths ainsi que ses 4 Bercy à venir… Il y avait de quoi avoir la pression! Pourtant Swing se retrouve sur scène devant des milliers de spectateurs comme un vieux briscard qui aurait déjà vécu ça mille fois. Ambiance au Zénith de Nantes, quelques heures seulement avant la sortie d’ « Alt-F4 ». 

 

LA NUIT DE L’ERDRE, LE FESTIVAL QUI A TOUT D’UN GRAND

Parmi les festivals, il en est un qui est de taille moyenne avec une programmation des plus grandes. La Nuit de L’Erdre, implanté comme son nom l’indique à Nort… Sur Erdre, fait office d’ovni dans le paysage musical. Familial, avec des têtes d’affiches chaque année de plus en plus connues, le festival a trouvé sa réussite. A une demi-heure de Nantes, c’est Angèle, Lomepal, Rilès, pour ne citer qu’eux, qui répondront présents cette année. Programme, d’un évènement qu’il ne faudra pas manquer… On vous aura prévenu ! 

On ne sait jamais de quoi l’avenir sera fait. Lorsqu’un single, un album sort, on ne peut pas prévoir son succès. Croiser les doigts, espérer, au maximum. Même chose pour les ventes de places de concerts et les pass festivals. Il y a les plus connus, ceux, qui, par leur simple réputation, affichent sold out en moins de 24 heures comme le Hellfest. Il y a ceux faits pour les ayatollahs d’un genre, puisque pointues au maximum dans leur programmation comme La Folle Journée. Et puis il y a les autres, ceux plus ou moins grands, qui dépendent des artistes en tournée, et ne peuvent pas toujours se permettre de se dénicher le passage exclusif d’une tête d’affiche.
Au milieu de tout ça, La Nuit de L’Erdre a su tirer son épingle du jeu : chaque année, les billets se vendent de plus en plus vite, les pass 3 jours et 2 jours sont épuisés plus de 6 mois à l’avance. De Sting à Hubert-Félix Thiéfaine, en passant par Orelsan ou encore Justice, le festival sait se rendre éclectique et attirer toutes les foules.

Cette année, la prog est un melting pot 100% français… Du moins pour le moment. L’affiche complète sera bientôt révélée. En attendant, le vendredi, VideoClub ouvrira le bal. Le jeune couple tout droit sorti de Youtube et du cinéma français, les deux « millenials », signeront un retour en adolescence avec leur « amour plastique ». Ensuite, c’est l’indescriptible Rilès qui montera sur scène. Considéré comme le nouveau génie du rap français, le Rouennais a écumé tous les Zéniths de France en Novembre et s’attaquera cette fois-ci aux festivals d’été. Gagnant dans tout ce qu’il entreprend, il ne sera à manquer sous aucun prétexte ! Enfin, c’est à M. qu’a été remis la tache de clôturer cette première soirée. A-ton encore besoin de le décrire ? Après trois passages au Zénith, les fans en voulaient encore… C’est chose faite ! 

Deuxième jour tout en rap pour La Nuit de l’Erdre. Après une résidence suivie d’un concert sold out au Stéréolux (Nantes) en Octobre, « L’Empereur du Sale » comme il aime s’appeler est de retour. Lorenzo, plus connu sous le nom de Larry Garcia et anciennement membre du collectif Rennais Columbine vole désormais de ses propres ailes. Bob et lunettes de soleil miroir toujours de rigueur, il possède un art de la scène qui n’appartient qu’à lui. Pas de doute que l’ambiance sera de mise ! 

La captation de son concert monumental à Bercy était à l’affiche de toutes les salles noires de France le 30 janvier dernier. Lomepal, ce skateur, chanteur, mais avant tout maître des punchlines sera l’un des plus attendus. A une vitesse que personne n’aurait pu prévoir, Lomepal a su s’imposer comme l’une des figures majeures de la scène du rap français. Avec une formule qui n’appartient qu’à lui, Antoine Valentinelli à l’état civil, a su s’entourer des plus grands, d’Orelsan à Roméo Elvis, le phénomène Belge, ou encore Philippe Katerine entre autres. Pas de doute, la foule sera dense à l’attendre de pied ferme le 27 Juin prochain et reprendra avec lui « Yeux disent », « Mômes », ou encore le fédérateur « 1000 degrés ». 

Il ne manquait plus qu’elle pour que cette journée soit complète. Angèle, celle a qui tout réussi, a choisi Nort Sur Erdre comme étape de son Brol Tour. Parfait reflet de sa génération, à 24 ans, elle parle beau… Et cash. Des sujets les plus importants comme le harcèlement, le sexisme, l’homosexualité à d’autres plus futiles, elle dit haut et fort ce qu’elle pense et ose briser les tabous qui ne devraient plus exister en 2020. Elle avait l’audace pour ! Après une réédition de son premier album, « Brol », Angèle est de retour sur les routes et est définitivement à voir en ce deuxième jour de festival. 

Pour le 3ème et dernier jour, le public a rendez-vous avec trois noms aussi différents que complémentaires. Suzane, tout d’abord : celle qui est considérée comme la Stromae au féminin vient de sortir son premier album « Toï Toi » et est nommée catégorie « révélation scène » aux Victoires de la Musique. Après une première tournée des festivals l’année dernière, Suzane chantera pour la première fois lors de la Nuit de l’Erdre. Avec ses textes incisifs, sa combinaison bleue façon Bruce Lee et son mélange du chant avec la danse… Elle est à découvrir absolument. 

Il y a 16 ans, il chantait, pieds nus comme à son habitude, autour du plan d’eau de Nort-Sur-Erdre. Yannick Noah est de retour. Celui qui chantait Saga Africa durant des heures et emportait avec lui tout public a sorti un nouvel album. Avec « Bonheur Indigo », l’ancien tennisman viendra réchauffer ce début de soirée de festival. Pari forcément gagnant. 

Enfin… pour clôturer ce week end, Maitre Gims. Il est l’un des artistes les plus adulés et les plus vendeurs en France. Avec des tubes comme « Bella », « Sapés comme Jamais » et des duos comme « La même », ou encore « Reste » avec Sting, Gims a su s’élever au sommet, allant jusqu’à remplir le Stade de France l’année dernière. Il sera sur la scène de la Nuit de l’Erdre et ils seront des milliers de fans à l’attendre.

Avec son visuel faisant référence aux pop arts d’Andy Wharol ou encore de Shepard Fairey (Obey), La Nuit de l’Erdre se veut moderne et innovante. Rendez-vous les 26.27 et 28 juin prochains ! 

S.B. 

BigFlo & Oli, dernier tour de piste avant l'absence

Ultime tour de piste avant de s’éclipser pour composer leur nouvel album, Big Flo et Oli repassaient par le Zénith de Nantes ce dimanche soir. Un nouveau show encore plus haut, encore plus fort et des rappeurs au sommet de leur forme.

C’est le tandem du superlatif. De la réussite XXL. Le triomphe bien plus que le succès. Le platine bien au delà de l’or. En cinq ans à peine et en n’ayant sorti que trois disques, Big Flo et Oli, les deux frères Ordonez, ont du rendre jaloux la plupart de leurs collègues musiciens qui rament pour trouver leur public. En 2015, « La Cour des Grands » est certifié disque d’or quatre mois après sa sortie puis disque de platine. « La vraie vie » deux ans plus tard n’attend pas trois semaines pour être frappé de l’or, trois mois pour être disque de platine et finir triple disques de platine (300.000 exemplaires vendus) au printemps suivant. Forcément, puisque jamais deux sans trois… « La vie de rêve » livré en novembre 2018 ne mettra qu’un mois à connaître lui aussi la couleur du platine. 

Des performances record qui laissaient peu de place à l’angoisse quand se sont dessinées les tournées: les billets s’arrachent et les salles ne sont jamais assez grandes pour accueillir les fans.

La preuve en ce dimanche 26 Janvier au Zénith de Nantes : c’est le quatrième passage des rappeurs et c’est une fois de plus plein à craquer. Plus une place à vendre depuis des lustres. Et ce n’est pas l’annonce d’une mise en retrait imminente pour composer le prochain album qui aurait pu calmer les ardeurs du public. Certains sont même venus camper devant les portes dès 6h du matin, bravant le froid et la pluie, pour être au plus près de la scène. Big Flo et Oli ou Rolling Stones, même combat ! Et pour tromper l’impatience, à défaut de pouvoir réaliser la photo de leurs rêves avec leurs idoles, c’est avec… leur garde du corps que cela se fait. Celui qui se définit comme athlète avec sa carrure de molosse, capuche de sweat sur la tête, accepte toutes ces demandes de selfies et prend la pose au fil de sa déambulation parmi la salle. A peine souriant. Le selfie avec le garde du corps parait quand même la version un peu light du selfie avec l’artiste. 

Avant de s’éclipser et pour boucler cette nouvelle tournée pour laquelle le mot triomphe semblerait presque faible, les toulousains ont dessiné un ultime tour de piste en dix dates à travers la France. Avec une nouvelle scénographie, d’autres titres. Histoire de partir en apothéose et de ne pas se contenter d’une pâle redite.

A 21 heures précises, Jamel joue les coach, Michel Drucker pilote l’hélicoptère de ses souvenirs, Gad Elmaleh analyse leur stade et dans un entretien drôlissime (qui déclenche une ovation), Didier Deschamps les entraine vers des terrains où ils n’iront pas. Il y aura même Will Smith. Pourquoi se gêner ? Tous leur conseillaient de frapper fort: pari tenu. 

Dès les premiers titres, c’est l’explosion de riffs, de paroles uppercut, de fumée et d’artifices. Trois titres plus tard (ce qui est frustrant pour les photographes qui n’ont comme partout que les trois premiers morceaux pour shooter), le show prend toute sa dimension et révèle son incroyable scénographie. Au dessus des stands du glacier, de la baraque à kebab, autour de l’immense porte d’immeuble, le quartier s’anime. Des écrans surgissent de toutes parts, tout est calé au fragment de seconde près. Les images défilent, les souvenirs aussi, le rire n’exclut pas la tendresse comme avec ce joli moment dédié à leur père, lui qui est sans doute pour beaucoup dans ce succès tous azimuts. 

Superbe surprise, Fabian Ordonez (qui vient de se laisser convaincre pour sortir « El Padre », son propre album), débarque sur scène rejoindre sa progéniture. Le chanteur de salsa d’origine argentine, du haut de sa soixantaine, semble le frère ainé de Big Flo. Le jeu de jambes est solide et la voix emporte aussitôt. Olivio l’accompagne à la trompette, Florian montre sa maestria à la batterie. Bon sang ne saurait mentir! On se dit que les soirées à Toulouse ont toujours du ignorer l’ennui. Les applaudissements tonitruants des 9.000 spectateurs valent tous les mots.

La soirée se poursuivra ainsi durant deux heures. Sans temps morts. Avec un tour d’horizon parfait de leur carrière, d’autres émotions fortes comme lors de cette évocation inattendue de l’exil et de l’immigration. « Rentrez chez vous » offre une vague de frissons qui laisse sans voix. 

Lorsque les lumières de la salle se rallumeront, certains auront du mal à repartir. Blues de fin de soirée. Mélancolie du doute. Leurs idoles reviendront, c’est certain… Mais quand ? Big Flo et Oli ne se mettent pas la pression, ils vont même décrocher des réseaux sociaux afin de ne pas se laisser distraire mais ils ont pleinement conscience que l’impatience est déjà là. Pour eux, partir ne devrait pas pas être « mourir un peu ». L’enjeu est plutôt de savoir créer aussi fort que les trois albums précédents. Nul doute pourtant que le sceau de la réussite frappera encore. Avec pareille trajectoire, les deux frères ne pourront bientôt plus se contenter des Zénith. Ils seront alors au stade… des stades, n’est ce pas Gad Elmaleh?

Magali MICHEL.

Crédit photos // Sophie BRANDET.

Une 43e édition du Printemps De Bourges sous le signe de la création 

La programmation complète est sortie. Après une première annonce il y a quelques semaines, le Printemps de Bourges a fini de se dévoiler. Parmi les festivals français, le PDB montre une fois encore qu’il a su trouver ses marques, et qu’il est plus que jamais le berceau de créations originales. Des têtes d’affiches aux Inouis, en passant par des temps forts comme les reprises de Prince par Jeanne Added… Tout y sera. Lumière, sur ce mois d’avril à venir. 

Le premier jour, pas de doute, c’est devant la Scène Séraucourt qu’il faudra être, puisque Renan Luce, seul, jouera ce jour là. Celui qui s’est fait connaitre il y a plus de dix ans par « la lettre » sera de retour dans le Berry, pour un passage sur la scène gratuite.

Le mardi sera placé sous le signe de la fête grâce au passage de M. et de son show aussi lumineux qu’impressionnant, précédé par l’Impératrice qui fera danser le public avec son disco version 2020, et Celeste, celle qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la soeur de Beyoncé (Solange Knowles), viendra réchauffer les coeurs avec sa voix soul et jazzy. 

Le 22 Avril signera aussi l’ouverture des Rap2Days, deux soirées (comme son nom l’indique) composées des rappeurs les plus en vue. Pour ce premier soir Zola répondra présent, aux cotés de Larry, Lujipeka (anciennement part du collectif Rennais Columbine), Jok’air et Josman. 

Qui n’a jamais fredonné « Marcia Baila », « c’est comme ça » ou « Andy » ? On peut donc prévoir le même karaoké géant lors du concert de la chanteuse iconique des Rita Mitsouko, Catherine Ringer, venue interpréter leurs plus gros tubes. La musicienne aux longues tresses est en tournée, et écumera tous les festivals cet été… De quoi donc se préparer. Calypso Rose, Alain Souchon, venu présenter son nouvel album, et les éternels Tryo seront aussi à l’affiche ce soir-là.

Au théâtre Jacques Coeur, Jeanne Cherhal sera de passage. A sa suite, la création « On Va t’Faire Mal Boris » rendant hommage à Boris Vian devrait faire parler. 

Celle qui remplissait la Cigale récemment et qui est désormais une nommée aux Révélations des prochaines Victoires de La Musique sera aussi présente: Pomme jouera à l’Auditorium. 

Le second et dernier soir des Rap2Days, Mister V, les jeunes 47 Ter qui sont définitivement présents partout, Heuss l’Enfoiré, Tsew The Kid, et Oboy monteront sur la scène de la Halle au Blé. 

Grande soirée le vendredi 24 Avril puisque c’est la première soirée de « l’Happy WKD » au W ainsi qu’au Palais d’Auron. Aloïse Sauvage, Izia, de retour pour la deuxième année consécutive après un dernier passage remarqué lors de la création hommage à son père Jacques Higelin, Philippe Katerine, Rilès, la sensation rap que le monde s’arrache déjà, les définitivement cools Deluxe et leur show impeccable, ains que The Avener pour boucler la soirée. 

Au Palais d’Auron, Mauvais Oeil, Lolo Zouaï, Dionysos, La Yegros et Folamour se partageront l’affiche.

Mais ce n’est pas tout. Le Printemps de Bourges l’avait dit, cette édition sera avant tout placée sous le signe de le création. Alors en ce vendredi, le public du festival aura rendez-vous avec Lou Doillon, Malik Djoudi, Victor Solf (ancien membre du regretté groupe HER) et Uèle Lamore, la jeune cheffe d’orchestre à la tête de l’Orchestre Orange pour une célébration du premier album de Portishead « Glory Dummy ». En seconde partie de soirée, c’est Jeanne Added qui viendra prendre le micro et reprendre les plus grands titres de Prince. 

Le Samedi, la fin se rapproche, mais l’ambiance restera la même. Le deuxième jour de l’Happy WKD sera constitué de Suzane, Lorenzo, le belge Roméo Elvis dont toutes les dates se jouent à guichets fermés, Bon Entendeur dont « Le Temps est Bon » est en playlist sur toutes les radios, N’TO et Panda Dub.
Au Palais d’Auron, Isaac Delusion, Sebastian (qui avait enflammé la dernière édition du Pitchfork Paris), la Fraicheur B2B Overland et Camion Bazar prendront le relais. 

Au 22, la soirée sera cent pour cent française avec les sensations du moment: la parisienne Alice et Moi, Glauque, le duo à la vie comme à la scène VideoClub, Julien Granel qui s’est fait connaitre par les premières partie d’Angèle, Hervé, venu tout droit des Inouis du Printemps de Bourges, et Marie-Flore qui clôturera la soirée. 

Le Dimanche, une tête d’affiche largement attendue: M.Pokora qui aura pour mission de refermer cette 44e édition. Aux côtés d’Eva en première partie, celui qui vient de devenir papa, montrera sans nul doute une fois encore, qu’il est le showman que tout le monde jalouse mais que personne ne parvient à détrôner. 

Le Printemps de Bourges ouvre chaque année la saison des festivals. Que cette édition commence! 

S.B.

– Toutes les informations sur: www.printemps-bourges.com et réservations dans les points de vente habituels. –

36èmes Francofolies de la Rochelle : l’année de tous les mixages

Du vendredi 10 au mardi 14 juillet, la 36ème édition du très attendu festival rochelais promet cinq jours et cinq nuits de grosses fêtes. Toutes les têtes d’affiche seront là et le tapis rouge sera également déployé pour les jeunes talents. Incontournable.

C’est sans doute l’une des programmations les plus attendues chaque année: qui se retrouvera à La Rochelle durant ces cinq jours entièrement dédiés à la chanson française ? La dernière édition avait porté haut les couleurs des « Francos » imaginées voilà trente-cinq ans par Jean-Louis Foulquier et s’était refermée en apothéose sur le concert de Patrick Bruel. Le parking Saint-Jean d’Acre, plein à craquer, résonne encore de cette folle soirée que le public aurait voulu ne jamais voir s’achever.

Après une édition aussi triomphale, sans la moindre fausse note même côté météo (qui reste toujours le seul élément incontrôlable de ces manifestations pour grande partie à ciel ouvert), la barre était haute mais l’équipe de Gérard Pont est toujours prête aux défis. Dans un savant mélange artistes confirmés et musiciens de la nouvelle génération, les cinq jours de festival s’annoncent d’ores et déjà enthousiasmants. 

Parfaite illustration de ce mix générationnel en ouverture des Francos, Jean-Louis Aubert reviendra pour la deuxième année consécutive mais quittera le théâtre pour se produire sur la grande scène. Avant l’ex leader de Téléphone et des Insus, le public retrouvera Izia (Higelin), Claudio Capeo, qui n’a pas son pareil pour porter les foules et Saez.

Changement radical d’ambiance le lendemain avec une affiche sur laquelle devraient se ruer les plus jeunes : Video Club ouvrira la soirée puis laissera la scène à Matt Pokora et Dadju.

Dimanche, c’est Chilla qui sera rochelaise avant Vald, Ninho et Nekfeu pour une grande soirée rap. Le sens des punchline sans faux semblant de Vald avant le phrasé et la musicalité de Nekfeu… Il y a des fins de week-end plus insipides.

Pas davantage de fadeur dans la programmation du lendemain plutôt du genre « qui ose tout ». Dans une succession totalement inattendue, défileront sur la grande scène Lolo Zouai, le toujours spectaculaire Philippe Katerine, dont le nouvel album sorti à l’automne offre des duos étonnants avec  (entre autres) Angèle ou Gérard Depardieu, Roméo Elvis, le rappeur belge toujours ultra plébiscité par le public des Francos, The Avener, le DJ niçois qui remplit désormais des salles immenses sur son seul nom et.. le duo PNL avec son rap qui ne laisse personne indifférent (que l’on aime ou que l’on se plaise à le détester).

Enfin, feux d’artifices et pas seulement ceux de la Fête nationale le 14 juillet : la jeune Suzanne ouvrira la soirée puis laissera la place à Alain Souchon, en tournée avec un nouvel album magnifique, Catherine Ringer qui a repris la route à l’automne pour reprendre les Rita Mitsouko et joue chaque soir à guichets fermés. Et c’est Mika, dans son show haut en couleurs, d’une énergie folle qui aura l’honneur de boucler l’édition.

Mais les Francos ne se résument pas à ce qui se passe sur la grande scène Jean-Louis Foulquier. A la Coursive, le grand théâtre, on sait déjà que Marc Lavoine (le 12), Vincent Delerm (le 13) auront les honneurs alors qu’ à l’église Notre Dame, Laurent Voulzy se produira le lundi 13. De là à imaginer qu’il restera le lendemain pour un passage surprise durant le concert de son éternel complice Alain Souchon… On se prend à le rêver…

Chaque année, 150.000 festivaliers sont réunis par les Franfolies. Un succès qui se rejouera assurément cette année. Mais les Francos, c’est aussi un engagement à l’année auprès des jeunes artistes avec « Le Chantier des Francos » et des actions en continu auprès des scolaires et des enseignants avec « Francos Educ ». 

Qui aurait parié voilà trente-six ans que le petit festival rochelais deviendrait aussi essentiel, une étape majeure dans le parcours estival avec des résonances bien au delà du littoral charentais ?

M.M

Pomme livre ses failles dans un sans faute

Deux ans après avoir assuré la première partie d’Asaf Avidan, Pomme était de retour au Stéréolux de Nantes ce 16 janvier. Une deuxième date dans une nouvelle tournée qui porte haut les émotions d’un second opus dont elle a signé tous les textes. 

Il y a quelque chose de l’ordre du nectar chez Pomme (Claire Pommet pour l’état civil), un concentré du meilleur jus que les ans ne cessent de rendre encore meilleurs. Après avoir assuré les premières parties de Vianney, Louane ou Benjamin Biolay, ouvert pour Asaf Avidan durant sa tournée française en 2017, la jeune femme s’inscrit désormais en haut de l’affiche et fait salle comble sur son seul nom. A 23 ans, avec ses mots, son naturel et sa sincérité pour credo. 

Rien n’est tabou, tout se décrit et se raconte. La vérité peut être plurielle et drapée dans un tulle de romantisme mais rien ne ment. La mort fait partie de la vie, la nostalgie imprègne l’écriture d’un blues baudelairien et l’amour ignore les diktats. Pomme n’a jamais caché ses liens avec la chanteuse québéquoise Safia Nolin. Elle ne l’a pas non plus affiché et n’a pas fait de son homosexualité une carte de visite. Sans jouer les porte drapeaux, elle porte pourtant beau la bannière des amours lesbiennes, permettant ainsi à des milliers de jeunes femmes de se reconnaitre (et peut-être de ne plus se cacher). 

Deux ans après avoir sorti « A peu près », son premier album, la jeune femme a livré « les Failles », en novembre dernier. Un opus qu’elle assume à cent pour cent (ce qui n’ était pas forcément le cas précédemment avec un disque dont certains titres avaient fini par ne tellement plus lui parler qu’elle avait même du mal à les interpréter sur scène), dont elle a signé les paroles et qui a bénéficié de la présence d’Albin de la Simone pour la co-réalisation, le reste de l’entourage étant majoritairement (et volontairement) féminin. Onze morceaux donc et autant de titres reflets exacts de ses envies, enregistrés en cinq jours en mars dernier. Les nouveaux alliés se sont révélés judicieux, « Les Failles » a gagné en mélodies, en douce puissance portée par une ampleur inattendue.

« Grandir, c’est décevoir un peu », assurait Pomme dans un morceau « ancien ». Son parcours affirme pourtant le contraire. Après les bars, dans lesquels son absence de timidité lui permettait de regarder les gens dans les yeux et de ne pas se laisser démonter par les bavards, lie Chantier des Francos, elle a vingt ans lorsque Polydor lui offre son premier contrat. La suite du chemin n’a jamais connu de cailloux. « Du coup, j’ai eu le temps d’accumuler des émotions en accéléré et mes vingt ans étaient en décalage par rapport à ceux de mes amis d’enfance. La vie rattrape et comblera peut être… » 

Il y a deux ans, Pomme nous confiait pouvoir « entretenir le cafard avec une forme de complaisance car l’écriture en est facilitée ». Avec ce second album, elle prend de distance pour mieux évoquer la société qui nous entoure. Pomme l’a régulièrement expliqué, pour elle, la musique, en tous cas celle qu’elle crée, n’a pas forcément vocation à faire danser ni « ambiancer ». Elle est toute entière mue par la volonté de faire ressentir des émotions. 

Si son premier album acheté était celui de Lorie, il est manifeste aujourd’hui que Pomme, devenue une jeune femme témoin de son siècle, est plutôt la digne héritière de Barbara. Malgré le sourire, la boucle douce sous le béret, un humour second degré et une auto-dérision assez irrésistibles, la lyonnaise exporte ses tourments et ses fragilités dans des titres, « Chapelle » ou « Anxiété » notamment, qui n’auraient pas déplu à la « longue dame brune ».

Le message passe d’ailleurs parfaitement et le public nantais de ce deuxième soir de tournée a écouté attentivement, se laissant porter par ces vagues de mélancolie mais partageant avec des cris enthousiastes les propos de la jeune femme entre deux titres. La voix est toujours aussi douce mais la présence scénique a gagné en puissance et ce n’est pas seulement par la présence de deux musiciennes à ses côtés désormais. Ce serait trop facile de dire que Pomme a gagné en maturité car elle avait déjà tout d’une grande voilà deux ans. Cela relève plutôt de l’évidence. Rien d’artificiel. Juste la douce et puissante saveur du nectar.

Magali MICHEL

Crédit photos // Sophie BRANDET

RETOUR EN FRANCE POUR AGNES OBEL 

3 ans après Citizen of Glass, sorti en 2016, Agnès Obel annonçait en fin d’année la sortie de son nouvel opus, « Myopia » prévu pour le 21 Février prochain. Après « Island of Doom », c’est aujourd’hui « Broken Sleep » dont le clip vient de sortir qu’elle présente, tout aussi mélancolique que son premier single… Une douce attente avant l’opus. 

Composition, arrangement, production, on le sait, Agnès Obel sait tout faire lorsqu’il s’agit de ses albums. Face à elle-même, elle écrit Myopia, son quatrième album, qui sortira cette fois-ci chez le prestigieux label Deutsche Grammophon (propriété d’Universal). Elle y évoque, les doutes, le deuil, ce qui reste après le départ… Elle est seule mais sa voix semble très accompagnée par les fantômes. C’est sombre, et spectral à la fois. 

Enregistrés à Berlin entre 2018 et 2019, Agnès Obel dépeint en dix morceaux son isolement avec brio. « Peut-on ou pas se faire confiance? Peut-on avoir confiance en ses propres jugements? Peut-on être certain que l’on va agir comme il faut? Peut-on se fier à ses instincts et à ses ressentis? Ou alors est-ce que nos ressentis sont biaisés? » comme elle l’explique dans un communiqué. Après Island of Doom, Broken Sleep se dévoile comme un nouveau single envoûtant, dont sa voix est parfaitement mise en valeur par la douceur des envolées de son piano. C’est beau, infiniment beau. 

En plus de la sortie imminente dans les bacs de Myopia (le 21 Février)  Agnès Obel prendra la route pour une tournée commençant à Oslo le 24 Février et se terminant à Londres le 9 avril. Une tournée qui s’annonce déjà à guichets fermés, passera dans quinze pays différents dont la France (à Nantes et Paris en Mars prochain). Deux soirs à ne manquer sous aucun prétexte. 

Sophie Brandet.

Tracklist de Myopia: 

1. Camera’s Rolling

2. Broken Sleep

3. Island Of Doom

4. Roscian5. Myopia

6. Drosera

7. Can’t Be

8. Parliament Of Owls

9. Promise Keeper

10. Won’t You Call Me

– Le 19/03 à La Cité des Congrès, Nantes, et le 20/03 à la Seine Musicale, Paris. Réservations dans les points de vente habituels. Plus d’infos: https://www.facebook.com/agnesobel/ – 

Du rock au Warehouse avec la venue évènement de Foals

Évènement au Warehouse (Quai des Antilles à Nantes) ce 25 janvier avec la venue des britanniques de Foals. La formation de Yannis Philippakis dans un club house, voilà qui a de quoi surprendre même si l’adresse nantaise a l’habitude de créer la surprise. Mais pour débuter l’année, c’est un très joli coup qui va attirer bien au delà de la région si on en juge par la façon dont la date s’est diffusée.

Le groupe né voilà quinze ans dans les confins d’Oxford a sorti deux albums l’an dernier, «Everything Not Saved Will Be Lost, Part 1» en mars et « Everything Not Saved Will Be Lost, Part 2 » en Octobre. Un projet original et sans doute le plus ambitieux de leur carrière mais qui a porté ses fruits : le premier volume s’est glissé immédiatement en tete des charts outre Manche et a été nominé dans la catégorie Meilleur album aux derniers Q Awards. 

Les britanniques seront au Zénith de Paris le 27 Mars. Les entendre deux mois plus tôt, dans ce cadre original et avec une vraie proximité est immanquable. Le Warehouse, « a place to be » en ce mois de janvier.

M.M.

– infos, réservations et billetterie via l’évènement facebook: https://www.facebook.com/event ainsi que le site internet du Warehouse: https://www.warehouse-nantes.fr/event/foals –